Rose-Marie THENIN parle de cinéma, de livre et de théâtre avec passion

Voici son nouveau thriller... philosophique :  Pour la clémence des Dieux ! Quelle peut donc être la teneur d'un journal vieux de plus de deux siècles remis par le jeune Hugo à Melly Angels ? Pourquoi semble-t-il si bien la connaître ? Quel peut donc être le lien qui les relie?  Ces questions ne doivent en aucun cas rester sans réponse. A vous de lire ces pages avides d'être lues...

Napoléon, de Ridley Scott

Bien que ce film suscite une grande controverse de la part des historiens, ce film nous narre l’ascension au pouvoir, les amours tumultueuses avec Joséphine et l’envie de conquête de Napoléon.
Les batailles sont très crédibles, la reconstitution incroyable et les acteurs époustouflants, Joachim phénix toujours au rendez-vous. pas de doute.

 

 

Rose-Marie Thénin, Novembre 2023

Les trois mousquetaires Milady Martin Bourboulon

Le deuxième volet a un impact dramatique beaucoup plus important. On rentre plus dans la psychologie des personnages. d'Artagnan personnage de lumière cherche désespérément Constance qui a été kidnappée par ceux qui ont fomenté l'attentat contre le roi Louis XIII, lui-même confronté à une éventuelle guerre civile, catholiques contre protestants.   Aramis veut sauver sa sœur du déshonneur, Athos retrouve une part de sa vie qu'il aurait bien voulu oubliée et Porthos essaie de s'acheter une bonne conduite. Quant à Milady, est l'antithèse de d'Artagnan. Incarnerait-elle le côté sombre alors que d'Artagnan lui est si lumineux ? serait-elle le diable en personne ? Mais qui peut vraiment juger ? la fin offre une ouverture vers un nouvel opus.  En fait, l'aventure des trois mousquetaires ne se déroulerait-elle pas de façon intemporelle ? l'action, le rendu des batailles, la reconstitution historique, c'est bluffant. On éprouve beaucoup de plaisir à retrouver ces héros qui n'en sont plus pour ne redevenir que des hommes. Pour moi, meilleur film de l'année et meilleure réalisation.

 

 

Rose-Marie Thénin, Novembre 2023

Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese

Ce film est tiré d’une histoire vraie et écrit par David Grann. Depuis toujours, la vie des Indiens intéresse et est placée au-devant de la scène. Nous sommes juste après la 1ere guerre mondiale, vers 1918 en Oklahoma, aux USA. Cela concerne les Osages, des Indiens de cette région trouvent du pétrole sur leur terrain et deviennent immensément riche mais pas si puissants. Cette nouvelle inédite renverse la vapeur, comme quelque chose d’impensable. Cela suscite de très grandes convoitises jusqu’à de nombreux meurtres d’indiens et d’indiennes. Ces assassinats sont commis par pure convoitise. Le FBI mène l’enquête. … Ernest, Léonardo di Caprio revient de la guerre et veut travailler auprès de son oncle William Hayle (la phonétique renseigne, c'est Robert de Niro qui interprète ce rôle ça peut donner des indices sur le personnage qui veut se faire passer pour celui qu'il n'est pas, on aurait pu dire Hell). Ernest se trouve dans un vrai cas de conscience, va-t-il se laisser manipuler ou va-t-il combattre les forces obscures qui l'entoure, pour l'argent, le pouvoir le pouvoir de l'argent ? Mais Ernest rencontre Molly, une jeune indienne qu’il désire épouser très rapidement. Un vrai dilemme se pose... Très belle reconstitution historique et très belles interprétations.

 

Rose-Marie Thénin           Novembre 2023

Mystère à Venise de Kenneth Branagh

Durée : 1 h 43  Genre : Thriller

Kenneth Branagh revisite une fois encore les romans d'Agatha Christie pour notre plus grand plaisir, après Meurtre sur l’Orient Express, et Mort sur le Nil. Ces nouvelles versions nous donnent une dimension plus dramatique, plus humaine aussi plus psychologique tout en sachant qu’Hercule Poirot veut absolument garder la tête froide quelle que soit la situation. Dans cet opus, adaptation de La fête du potiron, le célèbre détective ne veut plus exercer, il prend sa retraite à Venise, il ne peut plus supporter l'odeur de la mort… Jusqu'au jour où il reçoit la visite de son amie romancière, madame Oliver qui vient lui demander de l’accompagner dans un palais au passé lourd. Suite à un terrible fait, le suicide d'une jeune fille dans l’ancien orphelinat, endroit emprunt de souffrance et de mal, un médium, Michele Yeoh est attendue pour une séance de spiritisme. Le célèbre homme doit juger si cela est vrai ou si ce n’est qu’une supercherie. Plus le film avance plus le spectateur est happé par les plans soigneusement choisis, avec des images subliminales venant de notre subconscient. Et comme à chaque fois le réalisateur/acteur parfois producteur met le doigt là où il faut. Mais cette fois-ci, parviendra-t-il à comprendre ce qui s'est réellement passé ou va-t-il se faire submerger à son insu dans quelque chose qu'il ne cautionne en aucun cas. Quelque chose nous pousse à voir le film…

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2023

Mission impossible, Dead Reckoning, Partie 1 de Christopher McQuarrie

Durée : 2h45      Genre : Action, espionnage

Christopher McQuarrie qui est était déjà aux commandes de Mission : impossible - Protocole Fantôme, Mission impossible : ...

 

On connaissait les derniers opus qu’on avait largement appréciés. Tous avaient des scenarii alambiqués. Tous œuvraient contre les forces du mal. Ce nouveau film est d’une envergure nouvelle, un récit de « haut vol », et je pèse mes mots. La fenêtre des forces obscures est béante sous les traits perfides de Gabriel, (un ange… déchu ?) L’humanité serait-elle réellement en danger cette fois ? Il faut trouver une clé, puis savoir quelle est son utilité ? Pour Ethan Hunt, c’est une nouvelle expérience qu’il lui faudra revivre, à la fois galvanisante et le poussant dans ses retranchements. La bande originale son est autant rythmée que le film qui se déroule devant nos yeux à 300 à l’heure. Les effets spéciaux sont du tonnerre. Du beau cinéma dont on ne se lasse pas.
Rose-Marie Thénin           Juillet 2023

Indiana Jones et le cadran de la destinée, de James Mangold

Durée : 2h34                  Genre : Fiction, aventure

Indiana Jones, va bientôt célébrer son départ à la retraite… Il ne sait pas s’il faut s’en réjouir. C’est à ce moment-là que sa filleule Helena Shaw, Phoebe Waller-Bridge, lui rend visite et lui parle d'un artefact rare que son père a recherché toute sa vie. Elle l’incite à reprendre son chapeau et son fouet pour retrouver le fameux cadran d'Archimède, une relique qui aurait le pouvoir de changer le cours du temps. Mais les choses ne se passent pas comme prévu, passé et présent se jaugent. Indiana devra sans doute se surpasser afin de récupérer ce cadran, mais il n’est pas le seul, sa filleule qui l’a déjà volé et un ancien officier allemand, Jürgen Voller, Mads Mikkelsen, qui désire cette relique plus que tout au monde, pour changer l’Histoire… Voici que le dénouement est inattendu et nous bouleverse quelque peu, car après tout Indiana Jones n’est qu’un homme avec ses propres failles tout héro qu’il est. Beaucoup d’action et une belle histoire comme à l’accoutumée.

 

Rose-Marie Thénin           Juin 2023

Misanthrope de Damián Szifrón

 

Durée : 1h59     Genre : Policier, Crime

Eléonore Falco, Shailene Woodley, rêve d'intégrer les rangs du FBI, mais ne réussit pas une épreuve laissant supposer son hyper sensibilité ainsi que son addiction des jours passés, preuve de traumatismes importants. N'ayant pu aller à l'université par manque de moyens, elle devient agent de police. Elle se fait remarquer par un homme du FBI, Geoffrey Lamark, Ben Mendelson, qui lui demande de collaborer devant une enquête qui s'annonce difficile. Un tueur en série sévit à Baltimore. Il tue pour tuer. Il faut le retrouver et très vite. Lamark avait sûrement compris qu’elle pouvait rentrer dans la tête du tueur et qu’elle possédait vraisemblablement cette même logique destructrice. Arriveront-ils dans leur mission des plus complexes ?
L'actrice est sans fard au sens propre comme au sens figuré, nous apportant sans filtre un rôle des plus déroutants. 

 

Rose-Marie Thénin           Avril 2023 

 

 

The Son, de Florian Zeller

Durée :  1h37     Genre : Drame

On avait adoré The Father du même réalisateur, sorti il y a peu de temps. On adorera sans aucun doute The Son.

On retrouve cette atmosphère troublante qui sait nous asphyxier peu à peu.

Être parent s’avère très difficile, surtout lorsque notre enfant présente des signes de souffrances. Il y aura forcément des manquements indépendants de notre volonté. Et cela nous ronge immanquablement. Il faut savoir décrypter les SOS de nos enfants et très vite afin de pouvoir faire quelque chose pour les aider.

Il y a un moment que Nicholas, Zen McGrath, ne va plus bien du tout. Agé de 17 ans, il n’est plus le même. Il a abandonné son sourire lumineux qu’il avait enfant. Il passe par des moments terribles, que rien ni personne ne semble pouvoir atténuer. Il ne va plus en cours, il se sent bien seul, au bord du gouffre.

Cependant, il demande à son père, Peter Miller, Hugh Jackman, de le prendre chez lui. Il ne veut plus vivre chez sa mère, et prétend qu’elle ne parvient pas à le comprendre. Pourtant, Nicholas n’a pas oublié que Peter l’a abandonné avec sa mère pour vivre avec une autre jeune femme. Est-ce pour ne pas oublier sa douleur qu’il fait cette démarche ?  Il n’a pas oublié non plus qu’il consolait sa mère, Laura Dern qui n’a jamais pu être vraiment consolée de cette lourde perte.

Peter et sa compagne, Beth, Vanessa Kirby, acceptent pourtant de prendre Nicholas tout en sachant que cela risque d’être compliqué avec le jeune bébé.  Peter se veut optimiste. Il pense même que Nicholas s’est fait à son nouveau lycée et qu’il se sent mieux. Mais rien n’y fait. Ses scarifications inscrites à jamais dans sa chair endolorie ne sont rien en comparaison à sa douleur omniprésente. Une grande dépression l’éteint jusqu’à l’étouffer…

Un jour, Peter, va rendre visite à son père, Anthony Hopkins, qui ne joue qu’une seule scène, mais une scène déterminante. Lui aussi a abandonné la mère de Peter pour ses ambitions. Pourquoi a-t-il fait cette visite ? Tout en sachant que cela pouvait lui coûter. Peut-être, se dit-il que son père va éprouver un quelconque regret. Mais il n’en est rien. Et Peter est toujours fortement impacté par ce traumatisme, quoiqu’il en dise. Lui a su « dompter » son mal-être. A présent, il est en lice pour devenir conseiller d’un sénateur à Washington. Va-t-il accepter cette proposition si alléchante ?

Il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse et Peter se sent de plus en plus vulnérable jusqu’au point de non-retour.

Qui est donc le fils ? Qui est le fils du père ?

 

 

Rose-Marie Thénin           Octobre 2020

Alibi.com 2, de Philippe Lacheau

Durée :  1h28                 Genre : Comédie

 

Philippe Lacheau nous présente son deuxième volet. Nous avions tellement ri au premier…

Dans celui-ci, on ne veut plus de cette vie faussée. Greg, Augustin et Medhi vont devoir cesse leur activité qui battait son plein pour que Greg puisse enfin épouser Flo…

Mais chasser le naturel, il revient au galop. D’autres mensonges sciemment orchestrés vont enliser plus encore Greg, au risque de perdre Flo tout à fait.

Cette joyeuse comédie nous ravit, les gags sont toujours innovants, et on ne s’en lasse pas.

 

 

Rose-Marie Thénin           Février 2023

Vaincre ou mourir, de Paul Mignot, Vincent Mottez

Durée :  1h55     Genre : historique

Vaincre ou mourir est un film français réalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez sorti en 2023. Le long-métrage s'intéresse aux Guerres de Vendée par le prisme de François-Athanase Charette de La Contrie. Vaincre ou mourir est un film français réalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez sorti en 2023. Le long-métrage s'intéresse aux Guerres de Vendée par le prisme de François-Athanase Charette de La Contrie,

Depuis 1989, la révolution a fait basculer la monarchie française, effrayé les autres monarchies européennes et ébranlé le monde de ses idées nouvelles. La république est née en tissant sa toile, vendant de belles histoires de droit et de fausses promesses.

Mais le quotidien des paysans français ne reflète pas du tout les belles paroles que les plus audacieux ont pu prononcer pour justifier leurs actions, pour mentir honteusement.  En fait, liberté fait douloureusement écho à un cynisme autoritarisme, voir tyrannique.

Pourrait-on éventuellement changer le cours de cette histoire ? Les Vendéens, dits les Chouans, de fervents catholiques croyant en leur roi plus que tout, font appel à l’officier de marine Charrette, (Hugo Becker).

Les batailles sont rudes et cruelles. La guerre civile est proclamée. L’Histoire va-t-elle basculer ?

Mais on sait malheureusement, que les l’armée constituée par Charrette a été décimée sous la Terreur et sous la Convention.

Que voit-on durant ce film ? un homme Charrette, en proie à ses doutes. Mais La seule chose dont il est sûr, et ce jusqu’au bout, c’est la foi qu’il a en son roi et en Dieu.

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2023

I Wanna Dance with Somebody, Whitney Houston, de Kasi Lemmons

Durée :  2h26                 Genre : Musical/drame

La reconstitution est sûrement fidèle à la réalité. La jeune Whitney était prédestinée à devenir une grande star mondiale. Sa voix inégalée la confirme en tant que diva, un des plus grandes chanteuses de son siècle.

Naomi Ackie s’est montrée à la hauteur de cette lourde responsabilité.

Devenir une star est un lourd tribut que l’on doit payer jour après jour, faire face aux vautours qui s’enrichissent sur l’argent de leur star.

Une fois encore, Whitney, s’est trompée, elle pensait pouvoir fonder une famille et être aimée pour elle. Il n’en fut rien. La descente aux enfers ne se fait pas attendre. La drogue et l’alcool ont eu raison d’elle jusqu’à son dernier souffle à l’âge de 48 ans, dans sa piscine, une noyade que l’on aurait pu pressentir.

Ce film, pour ma part est un parallèle avec le film Elvis, paru récemment, de Baz Luhrmann. Lui aussi il était prisonnier de son art, et s’était forgé une prison aux barreaux dorés, dont on ne sort jamais.

Un grand plaisir à réécouter des chansons qui demandent une vraie prouesse vocale.

 

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2022

Couleurs de l’incendie, de Clovis Cornillac

Durée :  2h14     Genre : Fiction


Couleurs de l'incendie est un film réalisé par Clovis Cornillac avec Léa Drucker,.A la mort de son père, Madeleine Péricourt est la seule héritière de l'empire financier, la banque Péricourt. Mais pour une femme détenant un tel pouvoir à cette époque, cela attire de nombreux vautours, entre autres, Gustave Joubert, Benoît Poelvoorde collègue de Péricourt, Charles Péricourt, frère du défunt, Olivier Goumet, et André, le jeune journaliste pédophile masochiste, qui se laisse aller aux pires infamies qui feront commettre le pire à Paul, le jour des funérailles de son grand-père. Mais il y aura la cantatrice jouée par Fanny Ardent qui permettra à Paul de se relever un peu.
Nous sommes heureux de retrouver Clovis Cornillac derrière la caméra en tant que réalisateur. Du reste, son rôle de chauffeur (détective) est essentiel pour permettre à madeleine de se venger.
Pierre maître a écrit le livre, les dialogues et le scénario. Tout est bien orchestré et reconstitué.
La vengeance est toujours présente. Dans Au revoir là-haut, Édouard, en tant qu'artiste, jamais compris par son père, veut se venger d'une manière très subtile. La vengeance fomentée est l'élément d'équilibre. Dans ces deux films, elle devient un protagoniste à part entière.
Du très beau cinéma à la hauteur de l'auteur et du réalisateur.

 

 

Rose-Marie Thénin           Novembre 2022 

Jacques Mimoun et les secrets du Val Verde, de Malik Bentalha et Ludocic Combeau-Justin

 

Durée : 1h42                  Genre :  Comédie, aventures

Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est un film réalisé par Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin avec Malik Bentalha, Joséphine Japy, Benoit Magimel, Jérôme Commander, François Damiens

 

Jacques Mimoun, Malik Bentalha, se dit survivant de l’Enfer. Alors qu’il était en voyage, il trouve une sacoche ayant appartenu à un grand aventurier. Depuis, il surfe aisément sur la vague.  Il ment à ses  ses followers sur les réseaux sociaux, mais surtout à lui-même. Cette supercherie le rappelle à l'ordre lorsque la fille de Diaz, le voyageur aventurier, Joséphine Japy, lui demande de l'aider à retrouver une fameuse épée au Val Verde... il n'hésite pas. On suppose que c’est en Amérique du Sud.
Les gags sont très drôles, du début jusqu'au bout. L'équipe, François Damiens, Jérôme Commander, et Benoît Magimel, qui a adopté un registre tout à fait différent cette fois ci, et Joséphine Japy montre la cohésion de ce groupe pour notre plus grand plaisir. La porte est ouverte pour un nouvel opus. C'est le risque.  

Le voyage de Jacques  Mimoun représente une quête d'identité.

 

Rose-Marie Thénin           Octobre 2022 

 

Simone, le voyage du Siècle, d’Olivier Dahan

Durée :  2h20     Genre : Drame biographique

Elsa Zylberstein est magnifique dans cette biographie inattendue et pourtant si bien accueillie.
Simone à travers son siècle, et ce pour l'éternité. Elle nous montre son enfance heureuse au sein d’une famille juive 'laïque' comme elle aimait le répéter, ses combats, ses souffrances dans les camps de concentration. Ce background lui a donné la force de se battre pour les autres en s'oubliant parfois elle-même. Avocate, elle aborde les thèmes qui sans cesse la remettaient en question : Les conditions de la femme, droit à l'avortement, les unités pénitentiaires en France mais aussi à l'étranger, et plus tard en tant que députée, l'Europe en quoi elle croyait.

Il faut toujours en faire plus, devait-elle se dire, ne pas lâcher, il y a tant à faire. Elle a pu être sauvée des camps de la mort, elle, il faut sauver les autres.
Passé et présent se côtoient généreusement, tout comme dans La môme, du même réalisateur, nous livrant peu à peu les éléments dont on a besoin.
Cette phrase reprise dans La liste de Schindler de S. Spielberg pourrait s’appliquer à elle également.
"Qui sauve une seule vie, sauve l'humanité", Le Talmud.

 

 

Rose-Marie Thénin           Octobre 2022 

Là où chantent les écrevisses, de Olivia Newman

Durée : 2h05                  Genre Thriller dramatique

Ce film est tiré du livre à grand succès écrit par Delia Owens, (titre original  Where The Crawdads Sing).

Nous sommes en 1953, en Caroline du Nord, USA.

La petite Kia âgée de dix ans environ, doit faire face très vite à la solitude lorsque tous les membres de sa famille partent les uns après les autres. Sa mère ne veut plus subir les coups de son mari violent et alcoolique, puis son frère et sa sœur. Elle se retrouve seule avec son père un moment qui finit par disparaitre lui aussi, rongé par la honte et la culpabilité. Seul un couple de couleur noire, commerçant, Jumping et sa femme vont l'aider à survivre dans un environnement aussi hostile que cruel.

Mais Kia a cette force en elle et ce regard tendre sur la nature. Elle sait tout reconnaître des oiseaux, les plumes, les coquillages de la mer.

Une enfant livrée à elle-même, est du bon pain pour les services sociaux qui veulent s’en occuper. Mais elle résiste. Elle essaie d'aller à l'école mais les humiliations des autres enfants ne lui laissent aucun choix.

Jeune femme, elle rencontre Taite un garçon très délicat, qu'elle avait déjà vu souvent avec son frère Ses goût pour la nature vont la rapprocher de Kya. Il lui apprend même à lire et à écrire. Ils ont des moments merveilleux tous les deux et vivent un grand bonheur... qui doit s’interrompre brutalement. Tate doit partir en ville pour finir ses études. Il lui promet de revenir le 4 juillet pour la fête nationale mais la plage est bien vide et le feu d'artifice est bien insipide. La blessure dans son cœur est immense. Il se trouve qu’elle se sera malgré tout atténuée lorsqu'elle rencontre Chase un être vulgaire et brutal, la star de la ville qui cache bien son jeu. Elle pense que ça ira bien mais cela se révèle plus ou moins vrai aujourd'hui.

 

C'est le procès de Kia parce que on lui demande de s'expliquer sur le meurtre de Chase découvert récemment. Comment a-t-il pu mourir ? Aucune preuve tangible relie à Kya à ce meurtre, mais comme les gens de la ville la détestent, ils n'hésiteront pas à l'incriminer. Pour eux, elle est et sera toujours La Fille des Marais de Barkley Cove. Pourquoi Kia reste-t-elle silencieuse ? Ce fardeau serait-il trop lourd à porter ? Elle laisse son destin et la parole à Maître Norton, un avocat de la ville en retraite qui a pris sa défense. Que va-t-il se passer pour elle : la peine de mort ou la perpétuité ? Ce film est sur la différence et la solitude mais aussi sur la nature, et les magnifiques plans nous le prouvent. Nous nous sentons proches de Kya même si on ignore…. Jusqu’à la fin qui a tué Chase. Kya, ou du moins, on le suppose. Va-t-elle être relâchée ? Ce système voudrait tout simplement la détruire car dans tout système écologique il y a une proie et… un prédateur, là justement où chantent les écrevisses.

 

Rose-Marie Thenin              Août 2022

Elvis, de Baz Luhrmann

Durée : 2h39      Genre : Biopic

Ce biopic raconte les rapports conflictuels avec le colonel Parker, qui n’est pas un vrai colonel et qui ne s’appelle pas Parker non plus.
Comment un petit camionneur peut-il toucher la gloire aussi naturellement et aussi soudainement ?

Cette histoire nous montre un destin aussi extraordinaire que tragique pour ce jeune homme, mort à 42 ans en 1977, bercé par la pauvreté mais riche des rythmes noirs qui commençaient à se faire entendre. Son style nouveau et provocateur va ébranler les idées reçues sur tout.
Ce gentil garçon ne voulait que chanter... Et danser. Son nouveau style va du reste révolutionner toute la planète.
Tenu reclus dans une belle geôle dorée, à son insu, il a été empêché de partir à la conquête du monde. C'est le monde qui a dû venir à lui. Lui dépossédé de son âme rebelle. Il a fait l'objet d'un arrangement des plus méprisables.
Un bel hommage. Austin Butler est merveilleux dans ce rôle et Tom Hawks interprète Le Colonel Parker, à peine reconnaissable. 
Une voix au bout d'un micro tenu par une main qui ne tremblera jamais.  

 

Rose-Marie Thénin           Juin 2022

The Batman, de Matt Reeves

Durée : 2h52      Genre : film de superhéros, drame, aventure, action, criminel

Il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu Robert Pattinson à l’écran. Le choix du casting, du reste, est tout à fait adéquate. Bruce Wayne est ici totalement métamorphosé. Physiquement entre autres.

Cette revisite est plus sombre, plus tenace, plus émouvante. Cet homme mu par la vengeance du meurtre de ses parents, il nous montre ses fêlures. Epuisé, traqué par ses propres démons, il est déchiré et nous fait découvrir ses grandes cicatrices.

Depuis quelque temps, il s’est investi d’une mission, celle de protéger ses concitoyens des criminels tellement nombreux de Gotham City. Cela lui donne la force d’avancer. Mais ce n’est pas lui, c’est l’autre homme qui a pris le dessus et qui le motive. Il y a cette musique entêtante qui ne s’arrête jamais face à cette corruption dégoulinante qui le ramène au cœur de son histoire personnelle dont il se tient pour responsable.

Les conditions météo font partie intégrante du drame, The Batman et Bruce Wayne évoluent dans une ville de ténèbres sous une pluie froide qui ne finit donc jamais.

A ses côtés,  Zoë Kravitz, Sélina Kyle, Paul Dano, Sphynx, Colin Farrell, Pingouin.

Le temps n’est rien, on est captivé par cette histoire où tout est vu au travers des yeux de cet homme si mal.  Et puis il y a cette prise de conscience qu’il doit incarner autre chose que la vengeance, comme l’espoir, par exemple. Cela laisserait-il une porte ouverte vers un autre opus ?

 

 

Rose-Marie Thénin           Mars 2022

Nigthmare Alley, de Guillermo Del Toro

Durée : 2h30      Genre : Thriller, drame
Ce film est tiré du livre éponyme de, William Lindsay Gresham en 1946, la dernière adaptation Le Charlatan datant de 1947, Guillermo Del Toro a voulu revisité cette histoire qui saura attirer toute notre attention.

Nous sommes vers les années 40. Stan Carlisle, Bradley Cooper, a toujours affiché une détestation palpable pour son père qui le lui rendait bien. Et Stan ne peut plus maitriser sa colère devant tant de pauvreté, tant de cruauté et commet l’irréparable. Après ce parricide, Stan se rend dans une fête foraine des plus glauques pour trouver un travail. Il apprend vite et comprend comment faire valoir ses qualités, entre autres. Il apprend tous les codes avec d’anciens mentalistes Zeena, Toni Colette, et son mari Peter, David Stratairn. Lorsque qu’il se sent prêt, il part avec Molly, Rooney Mara pour montrer au monde qu’il a un vrai don de clairvoyance. Qu’importe la déontologie. Ce qu’il veut, c’est gravir les échelons sociaux et surtout gagner beaucoup d'argent, en d’autres termes escroquer l’élite avec des mensonges plus éhontés les uns que les autres.
Sa réussite se fait sentir quelque temps après mais ce n'est pas assez.  
Sa rencontre décisive avec Lilith Ritter, Cate Blanchett, psychologue obscure et sensuelle, va le faire basculer du côté obscur. Il va se sentir pousser des ailes (de la mort) en faisant intervenir les défunts. Les cartes du tarot lui avaient en quelque sorte prédit de ne pas se lancer dans ce registre des plus risqués.  Le pendu à l'envers. Mais Stan n'écoute pas et poursuit sa quête au péril de lui- même.
La reconstitution est fabuleuse et donne beaucoup de crédibilité à ce thriller puissant. La distribution est riche Tout cela se passe dans un lieu où neige, froid, et pluie augmentent la charge dramatique.

Du très beau cinéma qui laisse un message, ne jamais passer derrière le miroir, cela peut être irréparable.

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2022

Durée : 2h04      Genre : Comédie dramatique

 

Ce film est tiré du livre éponyme En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut paru en 2016.

Pourquoi ce titre tout d’abord ?

C’est une chanson tout bonnement Mr. Bojangles interprété par Nina Simone.

"Ils dansent souvent sur cette chanson". Ils dansent si bien qu’on aimerait danser avec eux.

"Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton."

Dans ce film, Virginie Efira et Romain Duris se rencontrent à une fête dans les années 50. Dès que ses yeux se posent sur cette femme qui danse avec volupté, il n’a d’yeux que pour elle. Quelque chose d’inédit vient de se produire. Arrive la naissance de leur fils Gary, leur bonheur est à son paroxysme, enfin presque.

Il y a quelque chose d’angoissant, voire effrayant dans l'amour, quelque chose de merveilleux et phénoménal, cette apogée à laquelle on s’attendait ou ne s'attendait pas et puis il y a cette crainte effrayante de ne pas pouvoir contrôler, ne pas pouvoir vivre ce summum de l’allégresse de façon pérenne. Cette fin inéluctable et fragile qui répond aux caprices de la vie dans laquelle on plonge inévitablement.

Camille et Georges, sont heureux d’un rien qui unit leur vie et qui les a unis. Appelons-les ainsi car on ne connait pas leur vrai nom. Ils passent leur temps à se vouvoyer en s’appelant par des noms qui ne sont les leurs, en passant par les grandes tragédies et autres chef-d ’œuvres littéraires. Entre poésie mariée à une sensualité absolue, Camile et Georges évoluent tant bien que mal dans ce monde qui ne semble pas fait pour eux.

Mais tout a un prix, Camille souffre d’une « folie » qui peut tout faire basculer.  C’est à ce moment-là que le film prend une tournure beaucoup plus dramatique. Les choses deviennent assurément compliquées. Et l’amour dans tout cela ? Celui dont on rêvait et qu'on a déjà eu la chance de vivre, ne serait-ce qu'un seul instant ?
Le fait d'incarner tous ces autres sans s'approcher vraiment de soi fait penser à un mensonge qui saurait nous enrober, alors que c'est l'inverse.  Jusqu’au dénouement brusque et fatal. Georges et Camille nous plongent dans leur danse. On devient enfin le prolongement de leurs membres malgré nous.  A un moment, ils sauront nous lâcher brutalement dans un dernier tourbillon. Rien d'autre ne compte.  Et
tout le monde sait que l'amour est égoïste et absolument cruel.

La reconstitution est incroyable et le jeu de Romain Duris et Virgina Efira font de cette histoire qui se veut tant fantasque une page d’émotions à toute épreuve.

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2022

West Side Story, de S. Spielberg

Durée 2h37        Genre : Comédie musicale

Avec Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose, David Alvarez, Rita Moreno


Alors que les controverses se répandent d’une manière insidieuse sur le bien vivre ensemble, les sociétés muticulcuralistes et diversitaires veulent également être au rendez-vous. Et pourtant, nos sociétés sont confrontées à des violences les plus vives qui soient.

Les regains de barbarie qui nous bouleversent tant, sont omniprésents. L’omerta n’arrive pas à tout taire. On se retrouve aujourd’hui dans une situation extrêmement délicate. La recherche du bonheur est vaine, jalonnée sur des mines prêtes à exploser au moindre pas. Rien n'est acquis dans la vulnérabilité de ce monde exacerbé par la haine du désespoir. C’est tout bonnement l’échec du rêve américain.
C’est l’histoire d’une société gangrenée de l'intérieur. Ces jeunes désœuvrés qui se tiennent en vainqueurs trompés sur des champs de ruines nous donnent le ton, pas de travail ou peu, des parents marginaux qui n'ont pas su rentrer dans le moule et surtout une colère omniprésente dans les deux camps, Ces gens de coutumes et de traditions différentes campés sur leur position mettant un frein sur la tolérance, celle qu’ils prônent, se révèle un revers imparable.
Dans ce cauchemar, une lueur blafarde, l'amour inévitable entre Tony et Maria, qui tentent vainement d'y croire, ne serait-ce qu'un seul instant. Tony veut une vie nouvelle et généreuse. Il ne veut surtout pas refaire les mêmes erreurs. Maria sait ce qu'elle veut, ne souhaite pas qu'on lui impose sa vie au nom d'un dictat qu'elle refuse.
Ce couple est le symbole d'une vie qui pourrait s'avérer meilleure.
Mais la destinée des tragédies grecques les suit, les poursuit même à leur insu.
60 ans que cette histoire nous berce, aujourd'hui plus authentique encore. Un destin belliqueux s'acharnant sur des êtres qui ne demandaient qu'à se sentir heureux ensemble mais qui ne surtout ne voulaient perdre du temps avec une politique des plus pernicieuses.
Ce récit nous fait penser malgré nous à l'histoire d'amour merveilleuse mondialement célèbre « Roméo et Juliette ». Cela nous rappelle que l'instant T, celui qu'on attend, peut s'avérer vraiment fugace, la première version date de 60 ans. Aujourd’hui, on ressent le même sentiment.

Le rejet de l'autre, de sa culture, de ce qu'il représente se révèle être un non-lieu pour les sociétés occidentales pour le vivre ensemble annoncé.

Pour cette nouvelle version, qui sort à point nommé, la reconstitution est incroyable, la mise en scène tout à fait crédible. Outre la très belle bande originale, tous les ingrédients sont présents pour nous faire réfléchir sur nos façons de vivre, et de penser.

 

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2021 

Le dernier Duel, de Ridley Scott

Durée : 2h32      Genre : Histoire, Action

Nous sommes en 1393 en France. Marguerite Jodie Comer, jeune femme très convoitée vient d'être mariée à Jean de Carrouges, seigneur interprété par Matt Damon. La dot devrait renflouer ses caisses vides. Son comportement belliqueux l'empêche d'avoir les bonnes grâces des hautes sphères, d'avoir, entre autres, la succession de son père le poste de capitaine de l'Arsenal. Le conte Pierre d’Alençon, Ben Affleck, frère du jeune roi Charles VI, donne le poste à Jacques le gris, Adam Driver, homme très opportuniste, qui part de rien. Il s'arrange pour collecter les impôts et s’immiscer dans les affaires du conte et du royaume. Au départ, il semblerait que les deux hommes/rivaux étaient amis. De plus, Jacques le gris, malgré sa vie dissolue avec le conte Pierre, semble de plus en plus sensible au charme de Marguerite, voire obsédé. En d’autres termes, il veut la posséder. Tiré du livre The Last Duel, écrit par Eric Jager, c’est l'histoire du dernier duel judiciaire autorisé par le parlement en France. Mais aussi celui du courage, incarné par Marguerite, qui incarne toutes les femmes, qui défie les hommes en clamant partout que Jacques Legris l’a violée un jour où elle se trouvait seule chez elle. Tout le monde le sait, le plus difficile pour une femme c’est de témoigner de son viol, d’être entendue. Mais pas que cela. Le vainqueur du duel devrait faire la lumière sur la vérité. Pouvoir et religion sont intimement liés pour mieux asservir le peuple dans son ignorance.

Que nous dit d’autre Ridley Scott ? Ce thème est hélas vieux comme le monde, mais pourrait bien être contemporain.  Ce film est en 3 parties, les 3 versions des 3 protagonistes, Jean de Carrouges Jacques Legris, et Marguerite.  On aborde ici les conditions de la femme au 14ème siècle. Son asservissement était total. Mais surtout, elle devait se taire et mentir pour se préserver des hommes et se protéger d’eux. Mais, le sujet principal n’est-il pas le doute inscrit ? La question posée subtilement est de savoir s’il y eu a eu ou pas consentement. Que s’est-il vraiment passé ? Si elle est jugée coupable, c’est-à-dire, si Jean de Carrouges ne survit pas, tué par Jacques Legris, Marguerite, voulait-elle vivre une parenthèse à sa vie amoureuse réduite à néant ? (Car elle aussi n’est pas insensible à cet homme). Elle sera tuée, brûlée comme les sorcières. Si ce n’est pas le cas, si Jean de Carrouges ne meurt pas dans le duel, elle devra s’estimer heureuse pour ne pas être rejetée, de savoir que sa réputation sera lavée de tout soupçons.

Marguerite femme seule contre tous, n’est pas reconnue en tant qu’un être à part entière, elle est considérée comme un objet sexuel dont personne n’a que faire. La mère de Jean de Carrouges lui dit à  un jour de confidence : « la vérité ne compte pas, seul le pouvoir des hommes compte ».

Un très grand moment de cinéma.

Rose-Marie Thénin       Octobre 2021

 

La proie d’une ombre, de David Bruckner

Durée : 1h48  Genre : Thriller horrifique

Beth, Rebecca Hall, qui a d’ailleurs co-produit le film, est Professeur d'éloquence au lycée. Elle vient de perdre subitement son mari Owen qu'elle aimait tant. Il s'est suicidé avec une arme à feu.
Depuis, la nuit, Beth est témoin de manifestations étranges dans la maison qu'Owen a construite,
Leur chanson se met en route à tue-tête à une certaine heure de la nuit, des cauchemars apportant son lit d'horreurs la terrassent. Par exemple, cette maison jumelle en face de la sienne, de l'autre côté du lac qui l'appelle et cette voix imperturbable qu’elle entend dans sa tête. Qui est donc cette entité qui ne répond pas vraiment au prénom d’Owen ? Serait-ce quelque chose d'abominable qui cherche à l'anéantir ou son mari qui aimerait reprendre contact avec elle ? Elle ne sait plus vraiment.
Mais tout ceci, est-il bien réel, ou sommes-nous confrontés à une vérité que l'on doit taire, faisant référence à une schizophrénie apportant son lot d'hallucinations délirantes. Jusqu’où Beth est-elle capable de mettre sa vie en danger pour connaître une vérité, sa propre vérité, qui pourrait tout autant la détruire.
Le suspense est crescendo et de grands frissons sont à venir.... dans un thriller horrifique.

 

 

Rose-Marie Thénin        Septembre 2021

The Father, de Florian Zeller

Durée : 1H37  Genre : Drame

The Father est un film franco-britannique coécrit et réalisé par Florian Zeller, sorti en 2020. Il s'agit de l'adaptation de sa propre pièce de théâtre, Le Père. Il est sélectionné et présenté pour la première fois au festival du film de Sundance en janvier 2020, où il reçoit un excellent accueil critique. Wikipédia

La musique est signée Ludovico Einaudi, elle sait nous envoûter.

C’est l’histoire touchante d’un homme qui pense que rien n’a changé, Il est octogénaire. Serait-il possible qu’il puisse vivre comme il l’a toujours fait ? C’est lui le patriarche après tout. En fait, il refait devant nous l’histoire à son insu. Mais, Il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Et c’est à travers ses yeux que le récit nous est conté.

Sa trajectoire intérieure nous montre avec précision ce qu’il ressent. Sa confusion va crescendo et le plonge dans une détresse extrême. Il ne comprend plus rien au monde qui l’entoure et cet état se renforçant au fur et à mesure, le plonge dans une détresse extrême.

Le spectateur est plongé dans la même incertitude que lui. Les lieux changent, même les personnages ne sont plus auxquels on s’attend.

Nous voici au cœur de mensonges et dénis pour se rassurer, entre incertitudes et pertes de repères spatio-temporels.

A la fin, c’est là qu’il comprend que rien ne pourra être comme avant.

Sa seule arme, c’est pleurer comme un tout petit enfant effrayé par le monde hostile qui l'entoure et auquel il se sent exclu.
Alors que fait ce petit garçon dans ces cas-là ? Il appelle au secours sa maman qui savait sûrement le rassurer pendant ses crises de larmes.

Olivia Coleman ainsi que les autres acteurs donnent une touche plus crédible, que nous prenons de plein fouet.
Une belle page d’émotions qui ne nous lâchera plus et dont on ne sortira plus indemnes.

 

 

Rose-Marie Thénin           Mai 2021

Blackbird, de Roger Michell

 

Durée :  1h38                 Genre : Drame

 

Blackbird est un drame américain réalisé par Roger Michell, sorti en 2019. Il s'agit d'un remake du film danois Stille hjerte de Bille August sorti en 2014. Il est présenté au festival international du film de Toronto 2019. Wikipédia

Alors que l'euthanasie fait rage dans les polémiques, une femme, Lily, en phase terminale, Susan Sarandon, rassemble sa famille et amies pour essayer de profiter des derniers moments de sa vie. Seulement les on-dit et les malentendus refont surface et font apparaître nos failles.

On est partagés : faut-il laisser souffrir, en d’autres termes, faut-il opter pour la vie alors qu’il n’y a plus d’espoir ou laisser partir l’être aimé quand il est encore temps pour en garder une belle image qui ne sera pas corrompue par la maladie ?

Dans ce drame familial, avec Kate Winslet, Sam Neil et Mia Wasikowska, les ingrédients sont tous présents pour nous faire basculer d’un côté ou de l’autre. Nous ne pouvons qu’être happés par cette histoire à laquelle il est si facile de s’identifier. La souffrance des uns et des autres est palpable et ne nous laissent pas indifférents.

Du très beau cinéma d’un réalisme époustouflant !

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2020

 

Mon inconnue, de Hugo Gelin

Durée : 1h59     Genre : Comédie romantique

Une Bande originale à couper le souffle.

Il serait vain de penser que tout nous est dû, la célébrité, l'amour et surtout, il serait encore plus ridicule de croire que tout va durer éternellement, en d'autres termes que plus rien ne va pouvoir nous affecter. 

Raphaël, François Civil, est un jeune homme à qui tout réussit : il écrit des romans fantastiques à succès, il est célèbre et a épousé la femme de sa vie Olivia, Joséphine Japy, qu'il connaît depuis le lycée. Tout est merveilleux dans le meilleur des mondes.

Mais ces choses peuvent faire de nous ce quelqu'un d'autre, et insidieusement, nous ne voyons plus rien autour de nous. Raphaël a tout bonnement oublié de rester humble face à ce bonheur tellement fugace ou parfois même inexistant. 

Olivia est pressentie comme une grande pianiste à venir, quelque chose qui est inhérent à notre vie et qui prend toute la place. Mais Olivia fait peu à peu le sacrifice de s’oublier elle-même pendant que Raphaël vit heureux sa vie. Comment se sentir heureux lorsqu’on doit occulter ce que l’on est ? Peu à peu, Olivia sent que quelque chose s'est déchiré voire à une point de rupture irréversible ? La confiance que Raphaël a su lui donner s'étiole. Elle perd tous les concours qui auraient pu faire d'elle ce dont elle rêvait. Et Raphaël ne veut surtout pas voir Olivier sombrer.

Mais ce matin, après une dispute, Raphaël se réveille et commence à errer dans les couloirs de l’errance dans un univers parallèle où Olivia n'est plus sa femme mais est devenue une grande pianiste et lui un professeur de français dans un collège tout comme Félix, son copain de toujours, Benjamin Lavernhe, sociétaire de la Comédie Française. La tendance s’est inversée. Une vie très simple est devenue celle de Raphaël qui doit faire impérativement le point et se bonifier. Dans ce conte surréaliste, est-ce que nous aurions notre double quelque part mais que les cartes de nos vies seraient distribuées différemment ?

Avec Félix, qui lui aussi vit une rupture sentimentale qui le mine, ils veulent trouver le moyen de refaire basculer Raphaël dans sa vie d'avant. Pour ce faire, il faut retourner aux sources, et surtout et prendre conscience de l'existence des choses lorsqu'elles nous manquent.  Oui effectivement, il faut mériter à nouveau les choses qu'on a perdues, ou celles qui nous tiennent tant à cœur. Il faut surtout et éprouver un grand vide lorsqu'elles ne font plus partie de notre vie. Raphaël doit perdre son arrogance et se rendre meilleur. Mais est-ce que cela peut vraiment suffire ? Est- ce que ses regrets seront peser dans la balance ?

Le réalisateur permet au spectateur d'envisager plusieurs fins possibles. Comme quoi, rien n'est acquis. A nous de choisir celle qui nous convient le mieux. Raphäel devient de plus en plus résigné face à ce destin qui vient tout bonnement de l’oublier. Va-t-il pouvoir réécrire l’histoire de sa propre vie ? Va-t-il reprendre son manuscrit là où il l'a laissé? Va-t-il redevenir célèbre, au quel cas aura-t-il appris de ses erreurs ? Dans le cas contraire, va-t-il supporter de vivre dans l'ombre de l'autre et renoncer à ce qui lui tient le plus à cœur? Va-t-il revivre cet élan porteur qu'est l'amour et laisser filer sa 2ème chance ? Car aimer l'autre ne suffit pas. Il faut avec beaucoup de force retrouver la signification première de ce terme galvaudé aujourd'hui pour pouvoir s'en imprégner totalement  afin de savoir et rendre l’autre heureux
Sur un thème très sérieux, on est happés par l'histoire singulière, l'intrigue est rondement menée, et des éclats de rire sont assurés.
Le trio, François Civil, Joséphine Japy et  Benjamin Lavernhe marche très bien.

Un joyeux moment à ne pas manquer.

 

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2019

 

 

A Star Is Born, de Bradley Cooper

Durée : 2h14     Genre : Drame

« A Star Is Born est un film américain réalisé par Bradley Cooper, sorti en 2018. Il s'agit du troisième remake du film Une étoile est née de William A. Wellman, sorti en 1937. Le film est en sélection officielle hors compétition lors de la Mostra de Venise 2018 » nous dit Internet.

Bradley Cooper, passe derrière la caméra pour la première fois, pour nous montrer la dernière version de ce chef d’œuvre rempli d’émotions. Ce film se hisse dans les classements même devant Venom avec Tom Hardy.

Jackson Maine, Bradley Cooper, est une star renommée du Country. Jackson a tout mais s’ennuie beaucoup. Pour étayer sa vie qu’il juge insipide, reclus dans la honte, le dégoût de lui-même et la culpabilité, il se noie dans l’alcool et devient vite toxicomane, un peu comme pour contrecarrer cette aubaine de tout avoir. Lui  n’attend que le moment de son éventuelle rédemption. L’histoire de Jackson, avant même de l’entendre, on sait qu’elle va nous émouvoir. Jusqu’au jour où, le destin l’a forcément guidé, il se rend dans un bar où il fait la connaissance d’Ally, Lady Gaga, chanteuse, auteur et composteur elle aussi. La musique peut les avoir rapprochés mais leur histoire d’amour est juste pure et belle. Leur amour est aussi fragile qu’il en est douloureux. Les chansons sont émouvantes qu’on en est tout retournés. 

Les questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes : est-ce que la renommée peut rapidement rendre les gens vides, blasés au point d’avoir un comportement qui se veut suicidaire ?

Ce film est une ode au sacrifice fait par amour dans toute sa splendeur et une critique acérée du monde du show business dans lequel on arrive à en perdre son identité.

On n’ignorait que Bradley Cooper chantait aussi bien et que Lady Gaga, sans son maquillage habituel et ses costumes pailletés pouvait être aussi troublante dans son interprétation.

C’est bien l’intensité des moments qu’ils font qu’ils sont uniques et non leur durée.

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2018

 

 

Le cercle littéraire de Guernesey, de Mike Newel

Durée : 2h04                Genre : Romance historique

On redécouvre avec plaisir Mike Newel et sa précision des émotions magnifiées dans chaque différent tableau, (réalisateur de Harry Potter et la coupe de feu).

Juliet Ashton, Lily James, jeune auteur, ne veut plus écrire sous son nom de plume Izzy Bickerstaff les fables humoristiques, qui ont permis à ce qu’elle soit reconnue. Elle voudrait écrire de son vrai nom avec des sujets plus sérieux. Elle cherche son style, comme elle se cherche elle-même. Elle a tout simplement grandi.

On voyage dans le temps de façon aisée, entre 1941, le passé, au moment la belle île anglo-normande, quelque peu dénaturée par les postes de guet et les barbelés sur la plage, vient d’être occupée par les allemands et 1946, le présent, Londres et son tumulte habituel, largement dévastée et Guernesey. La guerre a laissé ses traces indélébiles et douloureuses pour tous.

Juliet, est en mal d’inspiration, elle ressent un grand vide en attendant  la lumière analeptique de l’écrivain. Un jour, elle reçoit une lettre de Dawsey Adams, Michiel Huisman, qui fait partie d’un petit cercle littéraire à Guernesey. Une correspondance nait entre eux. Dawsey dépeint à Juliet le début d’une grande et belle histoire : la naissance du cercle avec les différents protagonistes, Eben, Isola, Amélia, Eli, Elizabeth et Dawsey. C’en est assez pour susciter la curiosité chez Juliet. Son âme de journaliste veut en savoir plus. Elle décide de s’y rendre pour parler de son premier livre, la biographie d’Anne Brontë, qui n’a eu aucun succès. Tout doucement, le fil d’Ariane se déroule grâce à sa ténacité. Et elle se rend compte de l’humanisme et la solidarité dont font preuve le petit cercle littéraire : des gens simples qu’elle adopte immédiatement. Elle éprouve beaucoup de mal à repartir et à retrouver Londres. Dans cette période transitoire et cruciale, cette nouvelle famille va lui permettre de voir le jour, bien au-delà de toutes ses espérances. Juliet vit cette histoire … d’amour comme la sienne, elle s’en approprie.

Ce film est un moteur d’espoir, un manifeste pour la paix porté, par la petite Kit, qui appelle Dawsey Papa, la fille d’Elizabeth, Jessica Brown Findlay. Bien qu’elle ne soit pas présente au moment de l’arrivée, et bien après, de Juliet, c’est bien Elizabeth l’épicentre de l’histoire. C’est bien elle qui prend les initiatives, c’est bien elle qui brave les allemands et qui parle du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates, c’est bien elle qui parle à Eli, petit-fils d’Eben, pour atténuer sa peur lorsqu’il doit évacuer l’île, c’est bien elle qui veut sauver ce jeune esclave polonais. Ce qui pourrait l’amener à sa perte… à sa déportation en Allemagne. C’est enfin Elizabeth  qui les a réunis la première fois pour déguster le cochon rôti, interdit par l’ennemi.

On assiste à une histoire dans l’Histoire. Ce film est une ode à l’amour, l’amour de l’autre et l’amour des mots catalyseurs d’espoir et de paix. « S’ils peuvent relier les êtres affamés de tout, on peut considérer qu’ils peuvent faire des miracles. » L’épicentre reste toujours Elizabeth mais on voit apparaître comme un miroir la silhouette de Juliet qui se profile soudain et de plus en plus nettement.

Le roman, écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, nous ralentit dans l’intrigue dramatique pour des raisons évidentes. Le livre est construit dans un style épistolaire, le lecteur se perd  dans le présent dilué dans un passé où l’action n’est plus vécue par l’auteur ni le narrateur. Dans le film, les images sont belles tout comme l’histoire. On n’a qu’une seule envie, celle de le revoir pour mieux s’en imprégner.

 

Rose-Marie Thénin         Juin 2018

 

 

The Revenant, d’Alejandro Gonzàlez Iñarritù

Durée : 2h38               Genre : Western/Drame/Thriller

Ce film, tiré du livre éponyme de Michael Punke, ne nous laissera jamais indifférents.

Nous sommes en 1823, aux Etats-Unis.

Il y a d’abord ce froid incisif qui n’en démord pas (au sens littéral du terme ne pas renoncer mais aussi qui n’arrête pas de mordre). Ce froid imperturbable s’insinue partout en nous rongeant de l’intérieur. On peut le considérer comme un l’un des protagonistes principaux de cette histoire. Il y a aussi cette nature de toute beauté dont la lumière réelle n’arrive pas à nous parvenir, ceci dû au manque de soleil, entre autres. Mais aussi, pour nous cacher les méfaits de ces nouveaux hommes arrivés en terrain conquis. Cette terre, autrefois immaculée, est désormais souillée par les immondices laissées par les Hommes qui laissent dans leur sillage la corruption, la concupiscence, le viol, la mort, la haine et le sang …

Cette nature est dévastée ; elle suinte de ces propres souffrances, qui n’ont pu s’enfouir loin sous cette terre volée aux Indiens qui vivaient en paix autrefois et qui ne se battent que pour la reconquérir. Les indiens, eux-mêmes au sein de leurs différentes communautés se livrent une lutte sans merci, dans laquelle l’Homme blanc, en fin stratège,  est venu attiser le feu sur le sang déjà trop versé et ceci dans l’unique but, celui d’exterminer cette race d’hommes : les amérindiens.

Et il y a également cette immensité des Grandes Plaines, l’infiniment grand qui rappelle notre place si tenue et  si fragile de notre infiniment petit, ces deux concepts sont en juxtaposition.

Hugh Glass, Léonardo Di Caprio est l’un des trappeurs de ces Grandes Plaines. Sa vie a été déjà marquée par le meurtre sous ses yeux de sa femme indienne. Son but est de protéger ce fils métis, Hawk, qu’il sait si vulnérable au milieu de ces blancs belliqueux. Un jour d’hiver, Glass se fait attaquer par une ourse qui a peur pour ses petits. L’attaque est longue et douloureuse, pour bien montrer que les hommes n’ont pas leur place sur ces territoires méconnus. Il est laissé pour mort. Son corps en lambeaux le préserve en vie pour une seule et unique raison, lui procurant cette force inébranlable, qui devrait lui permettre de retrouver Fitzgerald, Tom Hardy, qui a profité de ce moment de faiblesse de Glass pour assassiner son fils gênant. Quelle peut donc être la teneur de cet amour filial qui appelle la vengeance (Second protagoniste principal) ? Hugh Glass n’hésite pas à faire cinq mille kilomètres, à pieds principalement, du Dakota du Sud au Nebraska, pour retrouver Fitzgerald, qui l’a trahi.

Le réalisateur mexicain peut se permettre une dérogation quant au thème rabattu de l’idéalisation de l’Homme Blanc face aux sauvages dans les films américains. Les blancs le sont tout autant sinon plus même s’ils sont habités par ce sentiment de supériorité ridicule qu’ils se sont octroyé. Dans ce western atypique, est-ce que l’homme blanc serait le plus grand des prédateurs ? Dans cet environnement des plus hostiles, arrivera-t-il à être assez intelligent pour survivre ?

Le soleil n’arrive jamais à percer tout à fait dans ces lieux aux hivers interminables qui déshumaniseraient toute créature vivante pour l’amener à un seul point : tenter de survivre,  en oubliant même les règles élémentaires de notre rang sur l’échelle de la biodiversité, pour redevenir les animaux que nous n’avons jamais cessé d’être.

Les oscars du meilleur réalisateur, du meilleur premier rôle masculin, discernés à Léonardo Di Caprio et du meilleur second rôle masculin à Tom Hardy, sont vraiment mérités car, selon moi c’est un des plus beaux films du moment.

La musique omniprésente est là pour donner un plus grand impact dramatique.

Le réalisateur sait nous délivrer des images autant somptueuses que cruelles, avec cette épopée humaine sur laquelle qui exige de nous de méditer.

 

Rose-Marie Thénin      Février 2016

 

La promesse d’une vie, The Water Diviner, de Russell Crowe

Durée : 1h51             Genre : Drame, Histoire

Nous sommes en 1919. Joshua Connor est un fermier localisé en Australie. Le premier plan nous le fait découvrir en train de chercher de l’eau, le symbole de la vie même dans un pays des plus arides.

En fait, de retour chez lui, on s’aperçoit vite que quelque chose ne va pas. Ses trois garçons sont portés disparus depuis quatre ans, depuis la terrible bataille des Dardanelles, à Gallipoli en Turquie, lorsque les Ottomans ont subi une offensive de la part des forces alliées  au moment de la première guerre mondiale.

Le suicide de sa femme tant aimée Lisa est un élément catalyseur, il décide de partir à leur recherche là-bas, malgré la bureaucratie ambiante qui n’entache en rien sa détermination de retrouver ses trois fils.

Voici le premier film de Russell Crowe, il est derrière et devant la caméra pour nous narrer cette histoire méconnue, mais basée sur un fait réel. Le réalisateur nous présente un tableau crédible et juste de cette aventure intemporelle mettant en avant, et ce malgré les difficultés rencontrées, la ténacité et l’amour inconditionnel d’un père et mari pour les siens.

Le titre anglophone, nous offre un autre point de vue et met l’accent sur la recherche de l’eau qui incarne  le symbole de la vie, comme une mère féconde. Le titre en français, lui, résonne comme une promesse faite à laquelle on ne peut déroger en laissant dans son sillage l’espoir d’un ultime message d’amour.

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2015 

 

Un homme idéal, de Yann Gozlan

Durée : 2h00              Genre : Thriller

Jusqu’où peut-on aller pour pouvoir vivre ses rêves ? Mathieu Vasseur  (Pierre Niney, de la Comédie Française) est un écrivain en mal de reconnaissance. Ses manuscrits sont refusés par les maisons d’Edition. Et pour subvenir à ses besoins, il travaille de temps à autre, avec son oncle, chef d’entreprise d'une PME de déménagement. Mais Mathieu s’ennuie à mourir, et meurt d’ennuie.

Mais un jour, (serait-ce le destin?), il trouve le journal d’un soldat parti se battre en Algérie. Il s’en approprie totalement en changeant le titre. Le succès n’attend pas et il se retrouve au sommet de la gloire lorsqu’il rencontre Alice, fille de bonne famille qu’il ne veut surtout pas perdre.

Ce thriller mené tambour battant par Pierre Niney est impressionnant. L’acteur est génial dans ce rôle de composition. Il sombrera peu à peu dans une spirale de mensonges dégradants et nous met devant le fait accompli, difficile de se retrouver devant son plus grand ennemi : soi-même. Le thriller se déroule devant nous avec une méthode implacable et vengeresse. 

On dit que pour créer, il faut éprouver. Sans aucun doute. Cet auteur, pour être enfin reconnu en tant que tel, devait sentir et ressentir afin de se dépasser, pour vraisemblablement renoncer à sa vie prometteuse dont les esquisses s’effacent de plus en plus en se consumant de l’intérieur d’une façon des plus troublantes.

 

Rose-Marie Thénin         Mars 2015

Les Héritiers, de Marie-Castille Mention-Schaar

Durée :1h45                         Genre : Comédie dramatique

Comment un professeur d’Histoire-Géographie parvient-elle à fédérer, voire motiver une classe de seconde très faible du Lycée Léon Blum à Créteil ? En les faisant participer au Concours national de la résistance et de la déportation. Ahmed Drame, étant l’un de ces élèves en 2009, raconte et coécrit même le scénario en prenant le nom de Malik. Il voulait être acteur, son nom de famille le prédestinait-il ?

Dans cette classe multiculturelle, dans laquelle chacun est retranché derrière ses idées, où chacun ne laisse aucune place à la tolérance, tous vont pouvoir s’identifier et se trouver enfin. Bon nombre d’entre eux ne sont pas de confession juive, mais qu’importe, il ne s’agit pas seulement de religion ici, il s’agit de l’humain, de l’Humanité avec tout ce que cela peut comporter. Devant les images de la honte et témoignages des rescapés, se cachent la solidarité, l’amitié et l’espoir que chacun doit garder au fond de nous. Ces jeunes adultes, tournés vers eux-mêmes, d’une sensibilité exacerbée, pris dans un tourbillon difficile à contenir (pression faite par la famille ou l’environnement), arrivent toutefois à trouver leurs voies en unissant leurs voix pour se faire entendre, afin que personne ne puisse oublier le passé non loin, qui dessine leur futur. C’est dans ce projet dans lequel ils seront fédérés qu’ils découvrent leur confiance en eux et leur place dans ce monde. Dans cette aventure humaine, chacun se sent grandi et investi d’une noble mission. Emus par tant de cruauté face à la force destructrice de l’être humain, ils prennent sur leurs épaules ces souffrances vécues par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants comme Jésus l’avait fait il y a plus de 2000 ans. Habités par ce projet commun qui leur donne soudain un sens à leur vie qui leur avait été occulté, ils se sentent portés par une prise de conscience collective douloureuse, certes, mais leur permettant de devenir acteurs de leur existence. Jour après jour et durant ces mois durant lesquels ils ont dû travailler ensemble, Ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls dans ce monde des plus hostiles, qu’il y avait eu avant eux d’autres hommes qui se battaient pour la liberté et que celle-ci devait perdurer comme un message de bonne parole pour que plus jamais cela soit.

Ce génocide est un parmi tant d’autres. Celui-ci n’en est que la partie visible de l’iceberg.

C’est dans cette solidarité et cette amitié qu’ils ont pu rencontrer ce message de tolérance qui va bien au-delà des mots. Accepter l’autre avec ses différences est devenu une devise emblématique. Faisant partie intégrante d’un tout, ils ont pu comprendre le respect des êtres, le respect des choses et le respect de la vie. Ils se doivent toutefois de s’accaparer et propager ce passé, afin d’ériger un nouveau futur, étant Les Héritiers de cette page de l’Histoire.

Rose-Marie Thénin                             Décembre  2014 

Nos étoiles contraires, de Josh Boone

Durée 2h00                          Genre : Drame

Adapté à l’écran du Best Seller éponyme de John Green,  The Fault in our Stars, se révèle être un vrai joyau cinématographique qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Hazel Grace, jouée par Shailene Woodley, (Divergente), jeune adolescente de 17 ans, est atteinte d’un cancer depuis l’âge de ses 13 ans. Son lot, les hôpitaux et les traitements divers. Elle a survécu grâce aux différents protocoles mis en place. Mais aujourd’hui, ses poumons sont atteints et sa bouteille d’oxygène est devenue le prolongement de ses membres atrophiés. Et puis dans cette monotonie qui se veut fatale, apparaît une lueur qu’elle discerne dans le sourire communicatif de Gus Waters, Ansel Elgort (Divergente), 18 ans, en rémission depuis 18 mois, quelle rencontre dans un groupe de soutien. Très vite, ils sentent la complicité naître entre eux leur ouvrant des fenêtres qui jusqu’ici étaient closes. Ce qui va contribuer à éveiller des sentiments, et des émotions contre lesquels Hazel se bat, pensant qu’elle n’y a pas droit, compte tenu du mal incurable qui la ronge inexorablement. Pourtant, elle essaiera de vivre chaque minute de ces échanges, avec Gus, moments uniques dans une vie si courte soit elle.

Hazel, (littéralement en anglais de couleur noisette), dit qu’elle est une grenade qui peut exploser à tout moment. Lui, Gus, dit qu’il a peur de tomber dans l’oubli. Mais, n’est-ce pas notre crainte à tous que l’on passe dans les ruines du néant dès notre finitude annoncée ?

Hazel n’avait qu’un seul rêve, avant de rencontrer Gus, celui de rendre visite à son écrivain préféré qui vit en Hollande, à Amsterdam. Mais le traitement est très onéreux et le voyage pourrait affaiblir considérablement la santé si fragile d’Hazel. Pourtant avec l’aide de la Fondation, Gus va permettre à Hazel de réaliser ce rêve, ainsi que tous les autres auxquels elle refusait de croire.

Hazel Grace et Gus vont découvrir l’alchimie de l’amour, et conscients de leur chance de pouvoir le vivre,  ils vont durant le peu de temps qui leur sera imparti, apprendre à s’aimer plus fort que tout même si cette destinée contrariée est portée dans le titre. L’apothéose de ce romantisme absolu

"je sais que l’amour est un cri dérisoire face au néant et que l’oubli est inévitable ».

Supporter la douleur tous les jours ne serait rien à côté de la perspective de l'absence de l'autre, parce rien ne peut être plus terrible que cette souffrance de plus en plus intense qui se distille en nous insidieusement. Pas même tous les cancers réunis, même si ceux-ci peuvent avoir raison. C’est bien la qualité et l’intensité des moments qui font qu’ils sont inoubliables et non leur durée. 

 

 

Rose-Marie Thénin                             Août  2014 

12 Year a Slave, de Steeve Mac Queen

Durée : 2h123              Genre : Biopic

Salomon, homme de couleur affranchi, vit heureux avec son violon et sa famille.  Mais certains en ont décidé autrement.

Il est trahi un jour et devient malgré lui un esclave comme ses frères dans le Sud des Etats-Unis, un lieu des plus hostiles.  Chaque plan est comme un tableau que nous nous 

lasserions pas de contempler. Pourtant, les images sont d’une cruauté sans nom pour bien faire comprendre à l’inconscient collectif les conditions misérables dans lesquelles vivaient ces pauvres âmes.

Les hommes blancs ont tout simplement vendu leurs âmes au diable pour quelques prétextes fallacieux débordants d’inhumanité.

Steve Mc Queen qui veut nous montrer quelles peuvent être les relations maîtres-esclaves dans toute leur complexité des plus perverses, vient de réaliser un très beau film qui dépeint la destruction rapide d’un homme qui jusqu’ici pensait que la vie l’avait comblé.

Salomon Norththup a eu le temps de nous livrer son histoire des plus émouvantes. Tirée d’une histoire vraie, nous assistons ici à une descente aux enfers peu commune. Habituellement, les films portent sur l’évolution des personnages en quête de liberté au milieu de leur détention. Ici, c’est le contraire, on voit cet homme libre devenant un jour un esclave. A ce propos, Salomon, au début du film a un port altier. Et peu à peu, on le voit perdre sa forme humanoïde. Il se courbe de plus en plus face au négrier qui l’a acheté, Edwin Ebbs, Michael Fassbender, qui s’est acheté une mauvaise conduite. La perte de dignité de cet être devenu vulnérable, n’est pas seulement morale, elle est aussi physique et se poursuit jusqu’à l’anéantissement de soi. Jusqu'à la perte de l'identité,  il devient Blate, en d'autres termes le cousin du cafard. Ce n’est pas  la suprématie du peuple blanc sur les noirs seulement qu’il faut considérer, c’est une oppression qui touche la planète entière à laquelle il faut remédier. Mais quelle peut donc être l’issue devant l’inattaquable ? Le deuxième aspect est qu’il ne faut rien prendre pour acquis. Les choses peuvent changer en une fraction de seconde. Il ne faut pas oublier que nous sommes seulement en sursis. Prenons garde...

 

 

Rose-Marie Thénin       Janvier 2014         

 


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