Rose-Marie THENIN parle de cinéma, de livre et de théâtre avec passion

Voici son nouveau thriller :  Comme un arbre dans la nuit.

 

Genre : Biopic, Drame     Durée : 1h50

 

Marjane Strapi, laisse de côté pour quelque temps ses planches des bandes dessinées. Entre 2000 et 2003, Persepolis est une série de bande dessinée autobiographique en noir et blanc, publiée par L'Association en quatre volumes. Wikipédia.

 

La réalisatrice se lance dans un biopic sur Maria, Rosamund Pike, polonaise qui veut s’imposer en tant que chercheur et femme dans une université de médecine à Paris. Elle doit quotidiennement affronter la caste machiste pour pouvoir mener à bien ses recherches. Elle rencontre à point nommé Pierre Curie, lui aussi chercheur. Une fusion s’opère entre eux. Ils travaillent ensemble jusqu’au jour où le Prix Nobel leur est accordé. Mais Marie ne pourra accompagner son mari, déjà malade.

 

Marie doit affronter la mort évidente de Pierre. Elle poursuit ses recherches non sans mal. Aujourd’hui la curiethérapie guérit de nombreux cancers. Malgré son caractère fort, elle doit subir la jalousie, les média et le chagrin qui la mine autant que le radium qui ne la quitte jamais.

 

Le passé, le présent et le futur sont étroitement imbriqués et font de Marie Curie, une Rosamund Pike épurée, une vraie icône de la femme en cette fin de XiXè et début XXè siècles.

 

Les époux Curie qui ont largement contribué à l’avancée technique de la médecine, à leur insu, ignoraient la dangerosité du radium : bombe nucléaire, entre autres.

 

Très beau film à ne pas manquer qui met en évidence les conditions de la femme à cette époque.

 

 

Rose-Marie Thénin           Mars 2020

Dark Waters, de Todd Haynes

 

Genre : Drame Thriller     Durée : 2h06

 

Dark Waters est un film dramatique américain réalisé par, sorti en 2019. Il traite de l'histoire vraie de l'avocat Robert Bilott qui après avoir défendu les grandes multinationales a épousé la cause d’un fermier et dénoncé les pratiques très douteuses de la société Dupont qui pollue peu à peu les habitants d’une ville située en virginie occidentale. Les dégâts sont colossaux, les cas de cancer se propagent, les malformations des nouveau-nés deviennent de plus en plus fréquentes.  Il fallait que Rob prenne position au risque de tout perdre, son emploi, l’approbation de ses collègues de sa famille...

Ce dossier va devenir au cours de ces longues années d’investigations et de procès, une obsession dont Rob ne pourra se défaire. Plus rien n’aura d’importance à ses yeux ou plutôt il acquerra de l’importance vis-à-vis des autres et de lui-même en gérant ce dossier épineux. Il faut continuer coûte que coûte. Un sentiment d’injustice nous submerge.  Les images parlent d’elles-mêmes. Mark Ruffalo a même produit le film tant le scénario l’a totalement convaincu.

Un beau film très bien interprêté.

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Février 2020

 

Birds of Prey et la fabuleuse histoire de Harley Quinn, de Cathy Yan

Durée :  1h48     Genre : Comics

En salle le 5 février 2020, la durée du film est de 108 minutes. On y retrouve le casting suivant : Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett-Bell, Rosie Perez, Ewan McGregor, Ella Jay Basco, Chris Messina, Charlene Amoia. Il est réalisé par une femme, 

On avait été subjugués par Margot Robbie dans Suicide Squad. La voici en amoureuse éconduite par Joker, mais pas pour longtemps, car pour survivre, elle devra faire preuve ingéniosité.

Gotham est entre les mains du plus grand mafieux Roman Sioanis, Ewan McGregor, qui veut s’en prendre à elle, entre autres.

Dans sa nouvelle quête, elle rencontre d’autres femmes qui veulent s’émanciper.

Ici les femmes retrouvent leur dignité bafouée. Elles ont largement leur place dans ce monde machiste.

Margot Robbie a même produit ce film, pour dire combien elle est habitée par ce rôle. Elle est toujours d’une crédibilité imparable. Humour et combats merveilleusement orchestrés sont de rigueur, ce qui donne une dimension plus réelle à ce film pour notre plus grand plaisir.

 

Rose-Marie Thénin           Février 2020

 

The Gentlemen, de Guy Ritchie

Durée :  1h53     Genre : Action, Comédie

The Gentlemen est un film réalisé par Guy Ritchie avec Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam….

Quand Mickey Pearson, Matthew McConaughey , baron de la drogue, (marijuana) à Londres décide de vendre son affaire très convoitée au plus offrant, cela ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le rythme est rapide, l’humour est de mise. On ne s’ennuie pas.

De plus, le réalisateur nous offre sur un plateau un réquisitoire contre les drogues dures, bien trop souvent fatales.

A voir et à revoir.

 

Rose-Marie Thénin           Février 2020

 

Bad Boys for Life, de Adil El Arbi et Bilall Fallah

Durée :  1h53     Genre : Action, Comédie

Mike Lowrey, Will Smith, et Marcus Bennet, alias Martin Lawrence, se sont associés une nouvelle fois pour notre plus grand plaisir.

Marcus, devenu grand-père, veut prendre sa retraite, bien méritée. Quant à Mike, il veut continuer coûte que coûte à traquer les méchants, comme par le passé avec son ami et partenaire. Ce sont de bons flics avec des méthodes non conventionnelles.

Mais quelque chose se passe, qui peut changer la donne. Mike se fait tirer dessus, par un cartel mexicain dont Isabel, la tête vient de s’échapper de prison.

Pourquoi en veut-elle tellement à Mike au risque de l’éliminer ? Mike rescapé de la mort, essaie de persuader Markus de l’aider à découvrir qui se cache derrière tout cela.

Les effets spéciaux sont bien huilés, l’émotion est même au rendez-vous. Et l’humour est garanti à coup sûr.

 

Un bon moment à déguster sans modération.

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2020

 

 

1917, de Sam Mendes

 

Durée :  1h59     Genre : Guerre, Drame

 

Nous sommes le 6 avril 1917. Les allemands auraient-ils battu en retraite ? Ou serait-ce un piège tendu aux forces alliées ? Les Caporal Blake, Dean-Charles Chapman, et Schofield, Georges MacKay, deux jeunes soldats britanniques, vont devoir aller délivrer un message au 2ème bataillon de Devon afin d’éviter un vrai massacre et la mort de 1600 hommes dont le Lieutenant Blake, frère du Caporal.

Mais la guerre des tranchées les poursuit et tous les réseaux de communication sont coupés mettant même en danger la mission si périlleuse. Les obstacles sont nombreux et le suspense est intense, nous avons peur pour eux pour chaque minute perdue.

Le temps leur est compté surtout depuis que nous savons que les forces ennemies tissent inlassablement leurs toiles stratégiques.

Le réalisme est frappant, voire violent. Comme le dit si bien le réalisateur : « on est au plus près du réel ».

La guerre, endroit justement dont nous, jeunes générations n’ont pas connu les horreurs. Ici, sur les écrans, elle est imprimée à l’encre rouge sang afin de raviver notre mémoire défaillante.

Il a demandé aux seconds rôles d’être très présents comme Benedict Cumberbatch, Colin Firth et Mark Strong.

Nous ne pouvons oublier les Golden Globes 2020 dont entre autres, celui du Meilleur réalisateur, du Meilleur film dramatique et de la Meilleure musique de film.

Sam Mendes aurait raconté l’histoire de son grand-père, le Caporal Mendes. Une belle histoire d’humanité dans un monde déshumanisé.

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2020

 

Les vétos, de Julie Manoukian

 Durée :  1h40     Genre : Comédie dramatique

Alex, Noémie Schmitt, est une brillante chercheuse dans un seul but, celui de sauver des vies, pour tenter d’apaiser sa souffrance de ne pas avoir pu sauver sa mère de la grippe lorsqu’elle était enfant.

Son oncle, Michel, Michel Jonasz, vétérinaire dans le Morvan, voudrait bien prendre sa retraite laissant son associé, Nicolas, Clovis Cornillac, seul avec le cabinet, lui-même en danger de surmenage et de surendettement.

Mais Michel fait appel, de façon saugrenue, à sa nièce, prête à prendre un poste très intéressant à Paris dans un laboratoire.

Des tensions se créent au sein du village, ne faisant pas confiance à la jeune diplômée et major de sa promotion de l'Ecole Vétérinaire de Maison Alford, qui ne veut de toutes façons pas rester dans le village de vacances de son enfance.

Réalisé par une femme, ce film est une belle parenthèse et pose les bonnes questions : « Quelles sont nos vraies priorités ? » « Est-ce que la passion suffit pour en vivre ? » La réponse est négative, car s’il faut de la passion, il faut également de la rigueur et obéir aux règles préétablies.

Alex, va-t-elle trouver une vocation nouvelle au milieu de ces gens et de ces animaux ou rester à Paris et continuer son petit bonhomme de chemin ?

Clovis Cornillac est toujours incroyable et toujours tellement crédible !

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2020

 

Les Filles du docteur March, de Greta Gerwig

 

Durée :  2h15     Genre : Drame historique

Ce film est tiré du roman « Les quatre filles du docteur March » de Louisa May Alcott.

Nous sommes dans les années 1870. La guerre de Sécession bat son plein. Le Docteur March est parti se battre laissant seules sa femme et ses 4 filles qui tentent de survivre.

Les quatre sœurs sont et ont toujours été très proches. Elles sont toutes créatrices, voire artistes : Jo, Saoirse Ronan, est écrivain, Meg, Emma Watson, aimerait devenir actrice, Amy, Florence Pugh, est un peintre averti, et Beth, une pianiste hors norme. Mais la question qui se pose serait la suivante : « Devront-elles renoncer à ce qui leur est le plus cher ? »  Les femmes sont vulnérables sans le mariage, sans les hommes dans une société machiste de cette fin de XIXe siècle aux Etats-Unis.

Pour Jo, la plus rebelle et la plus féministe, se marier, aimer et être aimée, serait synonyme de perte de sa liberté, essence même de sa créativité, qui va même au-delà de ses doutes.

Ce film est un manifeste pour les femmes, réalisé par une femme qui met en avant les conditions précaires de la femme durant cette époque. Jo incarne à elle toute seule cet état de fait et le retranscrit dans son œuvre.

Il y a dualité et créativité. Qui sera le plus fort dansla souffrance bien entendu ? La créativité, essentielle à la survie ou l’amour, sacrifice indomptable. La résignation, voire le déni montrent le péril inestimable qui peuvent mettre balayer notre vraie nature., notre vrai moi.

Passé et présent sont intimement liés comme deux amis inséparables qu’une nano seconde saura différencier. On se laisse facilement prendre par le charme de ces jeunes filles qui voudraient vivre que pour leurs passions mais qui démontrent qu’il n’est pas toujours aisé d’en vivre.

Chaque prise de vue est un tableau magnifié par les couleurs apportées.

Les actrices sont toutes crédibles et apportent un impact dramatique très important tout au long du film.

Une belle retranscription cinématographique.

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2020

 

Star Wars, l’ascension de Skywalker, de JJ Abrams

 Durée :  2h22     Genre : Science-Fiction

Ce dernier volet tient le spectateur en haleine jusqu’au bout. Que ce soit sur les idées véhiculées, ou sur la solidarité certaine ou sur la dualité des sentiments éprouvés, bien-mal, force et côté obscur.

Il semblerait que l’Empereur Palpatine soit encore en vie malgré tout ce qu’on aurait pu croire, et cela compromettrait radicalement la liberté tant attendue.

Rey s’entraine auprès du Général Skywalker. Mais sera-t-elle prête pour affronter ce qui l’attend ? On se demande même si elle ne se retournera pas vers le côté obscur à un moment. Quant à Ben, va-t-il trouver un peu d’apaisement dans sa colère et son besoin irrésistible de pouvoir ?

Le lourd secret de Rey, qu’elle a oublié consciemment ou inconsciemment, peut se révéler lourd de conséquence quelque chose comme une douleur insurmontable dont on veut se débarrasser à tout jamais.

On assiste à un moment de pure merveille au moment où la boucle est bouclée. Et les batailles interstellaires sont à couper le souffle.

Mais serait-ce vraiment la fin de cette histoire qui a bercé notre imaginaire durant toutes ces années ?

Pas sûr, on ne sait jamais.

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2019

 

Le meilleur reste à venir, de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

 

Durée :  1h57     Genre : Comédie, Drame

 

C’est l’histoire de deux gamins qui se sentent très seuls à l’internat. Des gamins que tout oppose mais que tout va rapprocher. Ils se trouvent et ne se lâcheront plus. César, Patrick Bruel, est volage, sans véritable situation, et Arthur, Fabrice Luccini, est chercheur à l’Institut Pasteur, toujours amoureux de sa femme qui l’a quitté il y a quelques années. Une amitié indéfectible les unit.

 

Un jour, par le fait du hasard, Arthur apprend que César est atteint d’un cancer avancé et qu’il lui reste que quelques mois à vivre. S’ensuit des quiproquos risibles malgré la gravité du sujet. Dès lors, César pense que c’est Arthur qui est malade et veut faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu’Arthur grave dans sa mémoire de beaux souvenirs, les plus beaux sans doute.

 

Rires et émotions sont de mise et le jeu des acteurs est fait pour nous ravir. Le duo Luccini-Bruel fonctionne très bien. Et pourtant il est tout autant improbable que cette amitié qui les lie, duo du reste très prometteur.

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2019

 

Brooklyn Affairs, de Eduard Norton

 

Durée :              2h24     Genre : Policier

 

Ce film est tiré du livre "Les orphelins de Brooklyn" de Jonathan Lethem paru en 2003, qui conte l'histoire de Lionel Essrog, Eduard Norton, jeune détective souffrant du syndrome de la Tourette. Ce film est produit et réalisé par Eduard Norton, que nous avons plaisir à retrouver. Nous sommes dans les années 1950. Lionel est amené à enquêter sur le meurtre plus que douteux de Franck Minna, son mentor, Bruce Willis. On plonge dans le déni, les pots de vin, le mensonge et la corruption. Lionel va être face au politiquement correct ou incorrect. C’est un bon détective malgré son handicap. Ses relations avec les autres peut s’avérer difficile. La ville de New York, surtout le quartier de Harlem est menacé par Mose (Alec Baldwin) qui veut détruire les quartiers les plus défavorisés pour mener à bien ses projets frauduleux.

 

Dès lors une course infernale commence. Lionel fait la connaissance de Laura, jeune femme métissée, porte-parole des démunis. Qui est-elle ? Quel lien a-t-elle avec Mose ?

 

C’est ce que va essayer de trouver Lionel qui n’a pas peur des conséquences de son choix.

 

La reconstitution est impeccable et les acteurs sont très crédibles.

 

On a plaisir à retrouver Eduard Norton sur le grand écran.

 

A quand son prochain film ?

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2019

 

J’accuse, de Roman Polanski

Durée : 2h12                 Genre : drame

On connaît tous la triste histoire du Capitaine Dreyfus, accusé à tord de haute trahison, dégradé et emprisonné pendant de longues années.

Notre rébellion reprend vie et le sentiment d’injustice devient vite exécrable. Mais le Commandant Picard, Jean Dujardin, ne peut faire avec et veut que la vérité éclate à ses dépens. Seul contre tous, il va se battre pour réhabiliter devant la loi et devant l’état Alfred Dreyfus, qui depuis le début, a toujours clamé son innocence.

Depuis cet épisode douloureux dans l’histoire de notre France, des attaques nombreuses contre les juifs ont eu lieu qui n’a fait qu’attiser se sentiment de malaise croissant. Il faut un sacrifice, le juif sera parfait.

On se demande comment les Hommes peuvent –ils être aussi petits ?

La reconstitution est admirable.

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Novembre 2019

La belle époque, de Nicolas Bedos

Durée : 1h55                 Genre : Comédie dramatique

 

Victor, Daniel Auteuil, et Marianne, Fanny Ardant, s’aimaient. Mais le temps et la colère ont effacé tous les contours de cet amour.

Mais Daniel toujours fidèle à son premier amour, et grâce à une entreprise spécialisée dans la remontée du temps peut revivre ces moments clé de sa vie.

 

Le titre du film annonce une nostalgie indélébile. On attend quelque chose qui s'est évaporé et qu’on ne reverra jamais.

 

Le film joue sur l’illusion et la réalité pour aboutir au dénouement tant espéré. Les moindres détails sont remis en scène. Cette sorte de thérapie est fortement juteuse  et efficace. Il y a une forte demande et vaut tous les antidépresseurs du monde.

 

Et c’est Antoine, Guillaume Canet, l’artificier.Tout est crédible, les décors de l’époque, les dialogues sont humains. Une belle histoire cette belle époque.

 

 

Rose-Marie Thénin         Novembre 2019

Mon chien Stupide, d’Yvan Attal

 

Durée : 1h46                 Genre : Comédie dramatique

 

Tiré du livre de John Fante Babelio

 

Henri a tout pour être heureux. La parution d'un roman best-seller qui lui a valu sa notoriété. Une femme qu'il aime plus que tout et ses quatre enfants. Il vit par choix dans une maison d'architecte qui vaut son pesant d'or.

Mais Henri traverse une crise de la cinquantaine, de la page blanche (depuis 25 ans) et l'envie irrésistible de retrouver le temps d'avant là où il était si heureux avec sa femme sans ses enfants.

Au fur et à mesure du temps, cette idée devient une vraie obsession. Il est persuadé que ce sont ses enfants quelque peu atypiques qui sont responsables de son mal être. Henri devient arrogant et égoïste, et n'hésite pas à déclencher des esclandres au sein de sa famille fragilisée.

Mais un jour, alors qu'il revient de Paris  (de chez son éditeur) il trouve un gros chien mal élevé  qu'il décide de garder envers et contre tout.

Henri souffre de tout, de son manque d'inspiration continuel, de l'état d'esprit de ses enfants, de sa femme qui ne le regarde plus. En d'autres termes, de la routine qui s'est installée depuis toutes ses années.

Mais il déplace sa colère au lieu de s'en prendre à lui -même, c'est toujours plus facile de rendre les autres coupables de notre état. 

Henri devra sans doute réapprendre à vivre et surtout faire avec ce qu'il a. Et surtout il devra éprouver vraiment pour être crédible dans les pages qu'il veut tant écrire.

Mais ce n'est pas garanti.

 

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2019

Joker de Todd Philips

Durée : 2h 2     Genre : Science Fiction

Il aura fallu beaucoup d’audace pour revisiter ce personnage emblématique de la série de Batman, son ennemi juré.

Dans cet opus, le réalisateur, a choisi Joachim Phoenix, totalement habité.

C’est son histoire et lorsque se déroule le fil, on comprend très bien cette attirance pour le côté sombre.

Sa vie n’est qu’une véritable tragédie, et s’il rit ou fait semblant, c’est sûrement pour ne pas pleurer de tant d’imposture.

Arthur Fleck a un petit boulot de misère, de clown, pour payer les factures. Il n’est jamais à sa place et les humains ne lui font pas de cadeaux. Perdu pour perdu, peu à peu cette volonté de s’affirmer le rend plus fort. Son vrai visage est montré aux yeux de tous. Il vit avec une mère malade dont il prend soin. Et si tout cela n’était qu’un véritable mensonge ? L’ambiance est délétère pour arriver au moment ‘M’ où Arthur Fleck ne peut plus reculer devant son destin maudit.

Joachim Phoenix, qui a perdu près de 25 kg pour jouer ce rôle de composition, devrait obtenir un oscar au moins pour sa performance des plus crédibles. Il est totalement métamorphosé.

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2019

Le portrait d’une jeune file en feu, de Celine Sciamma

Durée :  2h 4    Genre : Drame historique

1770,  Marianne, Noémie Merlant, est libre, elle est peintre, comme son père. Elle doit peindre Éloïse, Adèle Haenel, qui doit se marier absolument se marier avec un homme qu'elle ne connait pas qu'elle n'aimera pas sûrement pour des questions d'argent et de bienséance de la société. Le tableau sera pour le futur marié.

La résistance d'Éloïse se fait sentir au contact de Marianne. Éloïse refuse de se faire peindre. Marianne la peindra en secret…

Ce film, réalisé par une femme, est un manifeste pour les femmes.  Il est inhabituel de voir des peintres femmes. C’est Marianne qui raconte cette histoire, moment fort de sa vie. Derrière ses peintures et ses coups de crayon se dessine la société de l'époque de ce siècle avec en filigranes bien sûr le contour des femmes avec leurs conditions. Les femmes n'avaient pas leur mot à dire contrairement à l'auteur, la narratrice peintre, a ce talent inattendu que les hommes souvent réprouvaient  parce qu’elle était une femme. Et de fil en aiguille, la différence entre les deux femmes peut faire naître un sentiment comme l’amour  ainsi que l’espoir salvateur de cette société machiste et cruelle. Sophie, la petite femme de chambre en paie les conséquences assez vite, mais les deux femmes sont solidaires et l’assistent.   

Le titre lui même  associé à la peinture est porteur d'un message fort.

La vie qui attend Éloïse la consume littéralement de l'intérieur, elle en exploserait sans doute, qui sait ?

 

 

Rose-Marie Thénin         Septembre 2019

Trois jours et une vie, de Nicolas Boukhrief

Durée :   2h          Genre : Policier

La disparition du petit Rémi, garçon de 6 ans dans les Ardennes en décembre 1999, met en émoi le petit village où il habitait. Les battues  ne font que commencer lorsque la tempête du 26 décembre fait rage stoppant ainsi les recherches. Que s'est-il donc passé ? Il n'y aurait  qu'Antoine, son voisin enfant de 12 ans qui pourrait le savoir,  il était avec lui au moment du fait marquant. Quel pourrait donc ce Secret si lourd à porter ? A quel moment peut-ont devenir un monstre ? Se taire ou agir, quel es le pire ?

Le thriller est bien monté. Le réalisateur et l’auteur on travaillé ensemble sur les dialogues.

Et une fois de plus, Pierre Lemaître nous a fait plonger dans l’insondable âme humaine.

 

 

 

 

Rose-Marie Thénin                   Septembre 2019

Rocketman, de Dexter Fletcher

Durée : 2h05                Genre : Biopic

 

Rocketman, le titre culte est sorti en 1972 et a donné le titre du film biopic. Pourquoi ? Car rien ne laisser supposer que ce petit garçon prodige qui demandait tant d’amour ne puise un jour se relever et être enfin reconnu

Le récit se fait au travers ses yeux, ce qui constitue une force narrative imparable.

Lui ce qu’il voulait, c’est d’être vu, il voulait être tant admiré, tant aimé.

Dans la première scène, on le voit dans une de ces tenues excentriques, il va dans une clinique se faire désintoxiquer de ses terribles addictions. Car à trop vouloir s'égarer de lui-même,  il a failli perdre la substance de la vie.

Ce film est très émouvant et sonne juste.

 

La rencontre entre Taron Egerton et le chanteur Elton John est tout à fait remarquable. L’acteur  nous avait éblouis dans les Kingsmen, ici, c'est la consécration.

 

Rose-Marie Thénin      Mai 2019

Cœurs ennemis, de James Kent

Durée : 1h49     Genre : Drame, Film d’amour

 

Film produit par Scott Free,

 

Hambourg, 1945, ville dévastée juste après la victoire.

Rachel ; Khiera Knighley, rejoint son mari officier anglais, Lewis, Jason Clark, chargé d'une mission sur place.

Les belles demeures sont confisquées à leurs propriétaires au bénéfice des alliés. Le couple doit cohabiter avec Lubert, Alexander Skargard et sa fille Frida. Ce qui est en soi difficile compte tenu de la haine exacerbée et réciproque.

Peu à peu les choses semblent s'améliorer et la haine fait place à un autre sentiment tout autant nébuleux. Attirée par cet homme alors que tout le leur interdit, elle pense pouvoir se construire une autre vie…

Rachel et Lewis ont perdu leur petit garçon dans les bombardements, et Lubert a perdu sa femme dans les mêmes conditions. Le couple vit mal ces retrouvailles depuis la mort de leur fils. Attirée par cet homme alors que tout le lui interdit, elle pense pouvoir se construire une autre vie…

Les événements peuvent effectivement rapprocher…

De voir Rachel  pleurer la mort de son fils dans les bras de l'ennemi est une image forte et même parfois même insoutenable.

Dans ce film très bien fait, tout est dit.

L'occupation d'un peuple par un autre peuple déjà anéanti par la guerre et ses villes dévastées, une population affamée de vengeance entre autres, bien souvent toujours dans l'adoration de Hitler bien qu'il se soit suicidé. La perte d'un proche sans pouvoir faire son deuil.

Une humanité débordante dans un monde déshumanisé.

 

Du très beau cinéma à ne pas manquer.

 

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2019

Mon inconnue, de Hugo Gelin

Durée : 1h59     Genre : Comédie romantique

Une Bande originale à couper le souffle.

Il serait vain de penser que tout nous est dû, la célébrité, l'amour et surtout, il serait encore plus ridicule de croire que tout va durer éternellement, en d'autres termes que plus rien ne va pouvoir nous affecter. 

Raphaël, François Civil, est un jeune homme à qui tout réussit : il écrit des romans fantastiques à succès, il est célèbre et a épousé la femme de sa vie Olivia, Joséphine Japy, qu'il connaît depuis le lycée. Tout est merveilleux dans le meilleur des mondes.

Mais ces choses peuvent faire de nous ce quelqu'un d'autre, et insidieusement, nous ne voyons plus rien autour de nous. Raphaël a tout bonnement oublié de rester humble face à ce bonheur tellement fugace ou parfois même inexistant. 

Olivia est pressentie comme une grande pianiste à venir, quelque chose qui est inhérent à notre vie et qui prend toute la place. Mais Olivia fait peu à peu le sacrifice de s’oublier elle-même pendant que Raphaël vit heureux sa vie. Comment se sentir heureux lorsqu’on doit occulter ce que l’on est ? Peu à peu, Olivia sent que quelque chose s'est déchiré voire à une point de rupture irréversible ? La confiance que Raphaël a su lui donner s'étiole. Elle perd tous les concours qui auraient pu faire d'elle ce dont elle rêvait. Et Raphaël ne veut surtout pas voir Olivier sombrer.

Mais ce matin, après une dispute, Raphaël se réveille et commence à errer dans les couloirs de l’errance dans un univers parallèle où Olivia n'est plus sa femme mais est devenue une grande pianiste et lui un professeur de français dans un collège tout comme Félix, son copain de toujours, Benjamin Lavernhe, sociétaire de la Comédie Française. La tendance s’est inversée. Une vie très simple est devenue celle de Raphaël qui doit faire impérativement le point et se bonifier. Dans ce conte surréaliste, est-ce que nous aurions notre double quelque part mais que les cartes de nos vies seraient distribuées différemment ?

Avec Félix, qui lui aussi vit une rupture sentimentale qui le mine, ils veulent trouver le moyen de refaire basculer Raphaël dans sa vie d'avant. Pour ce faire, il faut retourner aux sources, et surtout et prendre conscience de l'existence des choses lorsqu'elles nous manquent.  Oui effectivement, il faut mériter à nouveau les choses qu'on a perdues, ou celles qui nous tiennent tant à cœur. Il faut surtout et éprouver un grand vide lorsqu'elles ne font plus partie de notre vie. Raphaël doit perdre son arrogance et se rendre meilleur. Mais est-ce que cela peut vraiment suffire ? Est- ce que ses regrets seront peser dans la balance ?

Le réalisateur permet au spectateur d'envisager plusieurs fins possibles. Comme quoi, rien n'est acquis. A nous de choisir celle qui nous convient le mieux. Raphäel devient de plus en plus résigné face à ce destin qui vient tout bonnement de l’oublier. Va-t-il pouvoir réécrire l’histoire de sa propre vie ? Va-t-il reprendre son manuscrit là où il l'a laissé? Va-t-il redevenir célèbre, au quel cas aura-t-il appris de ses erreurs ? Dans le cas contraire, va-t-il supporter de vivre dans l'ombre de l'autre et renoncer à ce qui lui tient le plus à cœur? Va-t-il revivre cet élan porteur qu'est l'amour et laisser filer sa 2ème chance ? Car aimer l'autre ne suffit pas. Il faut avec beaucoup de force retrouver la signification première de ce terme galvaudé aujourd'hui pour pouvoir s'en imprégner totalement  afin de savoir et rendre l’autre heureux
Sur un thème très sérieux, on est happés par l'histoire singulière, l'intrigue est rondement menée, et des éclats de rire sont assurés.
Le trio, François Civil, Joséphine Japy et  Benjamin Lavernhe marche très bien.

Un joyeux moment à ne pas manquer.

 

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2019

 

 

Le mystère d’Henri Pick, de Rémi Bezançon

lle lle Durée : 1h40     Genre : Comédie dramatique

Quelle est le plus grand des parjures en matière littéraire : le plagiat  et d'approprier une oeuvre qui n'est pas la sienne.

Le nouveau livre vedette est écrit par un pizzaïolo mort deux ans plus, Henri Pick, localisé dans le Finistère.

Qui est cet auteur jusqu’ici inconnu ? Quel est ce style inédit ? Tout le monde s’approprie cet ouvrage qui change la face du monde et de l’amour.

 

Mais le célèbre et très médiatisé critique Jean-Michel Rouche, interprété par Fabrice Luccini, pense qu’il y a une imposture et veut à tout prix mener son enquête littéraire.

Le film est construit comme un thriller et n’en n’a pas que le nom mais toujours traité avec humour.

Le génie de Fabrice Luccini est indiscutable et le duo avec Camille Cottin marche plutôt bien.

 

A voir et à revoir sans modération.

 

 

Rose-Marie Thénin         Mars 2019

Bohemian Rapsody, de Bryan Singer

Nous sommes dans les années 1980.  Farrokh Bulsara — né le 5 septembre 1946 à Stone Town dans le protectorat de Zanzibar (près des côtes tanzaniennes) et mort d’une bronchopneumonie le 24 novembre 1991 à l’âge de 45 ans), est bagagiste à l’aéroport d’Heathrow. Mais le talent et la personnalité exubérante de Farrokh vont permettre au jeune homme qui se cherche, de devenir le leader du groupe Queen, un maître de la scène et une icône générationnelle. Farrokh change son identité pour devenir Freddy Mercury, Rami Malek, qui nous fait une prouesse authentique. Malgré tous les obstacles qui se tenaient devant lui, il a monté à tous son ses prédispositions incontestables : fils d’immigrés, homosexuel, qui a contracté le sida, virus qui faisait tant polémique à cette époque. A ce propos, ce thème est traité avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. La critique n’est réservée que pour les vautours qui viennent se repaître des miettes en profitant de des grands moments d’errance du jeune homme.

Mais le talent est là indubitablement, les performances vocales de ce chanteur nous ramène vers les tubes qui ont fait la grandeur de ce groupe mythique.

Il est intéressant de noter le titre choisi par le réalisateur du film Bohemian Rapsody, mais aussi du tube interplanétaire qui rapproche tous les styles de musique. Ne serait-ce pas pour souligner le côté apatride des Bohémiens comme le ressentait sans doute Farrrokh dans cette Angleterre qui n’aimait que sa musique et non l’homme. Le texte rappelle l’autre prison dans laquelle Freddy s’est retrouvé, pour vivre pleinement sa vie professionnelle au détriment de sa vie personnelle.

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Novembre 2018

A Star Is Born, de Bradley Cooper

Durée : 2h14     Genre : Drame

« A Star Is Born est un film américain réalisé par Bradley Cooper, sorti en 2018. Il s'agit du troisième remake du film Une étoile est née de William A. Wellman, sorti en 1937. Le film est en sélection officielle hors compétition lors de la Mostra de Venise 2018 » nous dit Internet.

Bradley Cooper, passe derrière la caméra pour la première fois, pour nous montrer la dernière version de ce chef d’œuvre rempli d’émotions. Ce film se hisse dans les classements même devant Venom avec Tom Hardy.

Jackson Maine, Bradley Cooper, est une star renommée du Country. Jackson a tout mais s’ennuie beaucoup. Pour étayer sa vie qu’il juge insipide, reclus dans la honte, le dégoût de lui-même et la culpabilité, il se noie dans l’alcool et devient vite toxicomane, un peu comme pour contrecarrer cette aubaine de tout avoir. Lui  n’attend que le moment de son éventuelle rédemption. L’histoire de Jackson, avant même de l’entendre, on sait qu’elle va nous émouvoir. Jusqu’au jour où, le destin l’a forcément guidé, il se rend dans un bar où il fait la connaissance d’Ally, Lady Gaga, chanteuse, auteur et composteur elle aussi. La musique peut les avoir rapprochés mais leur histoire d’amour est juste pure et belle. Leur amour est aussi fragile qu’il en est douloureux. Les chansons sont émouvantes qu’on en est tout retournés. 

Les questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes : est-ce que la renommée peut rapidement rendre les gens vides, blasés au point d’avoir un comportement qui se veut suicidaire ?

Ce film est une ode au sacrifice fait par amour dans toute sa splendeur et une critique acérée du monde du show business dans lequel on arrive à en perdre son identité.

On n’ignorait que Bradley Cooper chantait aussi bien et que Lady Gaga, sans son maquillage habituel et ses costumes pailletés pouvait être aussi troublante dans son interprétation.

C’est bien l’intensité des moments qu’ils font qu’ils sont uniques et non leur durée.

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2018

 

 

Le cercle littéraire de Guernesey, de Mike Newel

Durée : 2h04                Genre : Romance historique

On redécouvre avec plaisir Mike Newel et sa précision des émotions magnifiées dans chaque différent tableau, (réalisateur de Harry Potter et la coupe de feu).

Juliet Ashton, Lily James, jeune auteur, ne veut plus écrire sous son nom de plume Izzy Bickerstaff les fables humoristiques, qui ont permis à ce qu’elle soit reconnue. Elle voudrait écrire de son vrai nom avec des sujets plus sérieux. Elle cherche son style, comme elle se cherche elle-même. Elle a tout simplement grandi.

On voyage dans le temps de façon aisée, entre 1941, le passé, au moment la belle île anglo-normande, quelque peu dénaturée par les postes de guet et les barbelés sur la plage, vient d’être occupée par les allemands et 1946, le présent, Londres et son tumulte habituel, largement dévastée et Guernesey. La guerre a laissé ses traces indélébiles et douloureuses pour tous.

Juliet, est en mal d’inspiration, elle ressent un grand vide en attendant  la lumière analeptique de l’écrivain. Un jour, elle reçoit une lettre de Dawsey Adams, Michiel Huisman, qui fait partie d’un petit cercle littéraire à Guernesey. Une correspondance nait entre eux. Dawsey dépeint à Juliet le début d’une grande et belle histoire : la naissance du cercle avec les différents protagonistes, Eben, Isola, Amélia, Eli, Elizabeth et Dawsey. C’en est assez pour susciter la curiosité chez Juliet. Son âme de journaliste veut en savoir plus. Elle décide de s’y rendre pour parler de son premier livre, la biographie d’Anne Brontë, qui n’a eu aucun succès. Tout doucement, le fil d’Ariane se déroule grâce à sa ténacité. Et elle se rend compte de l’humanisme et la solidarité dont font preuve le petit cercle littéraire : des gens simples qu’elle adopte immédiatement. Elle éprouve beaucoup de mal à repartir et à retrouver Londres. Dans cette période transitoire et cruciale, cette nouvelle famille va lui permettre de voir le jour, bien au-delà de toutes ses espérances. Juliet vit cette histoire … d’amour comme la sienne, elle s’en approprie.

Ce film est un moteur d’espoir, un manifeste pour la paix porté, par la petite Kit, qui appelle Dawsey Papa, la fille d’Elizabeth, Jessica Brown Findlay. Bien qu’elle ne soit pas présente au moment de l’arrivée, et bien après, de Juliet, c’est bien Elizabeth l’épicentre de l’histoire. C’est bien elle qui prend les initiatives, c’est bien elle qui brave les allemands et qui parle du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates, c’est bien elle qui parle à Eli, petit-fils d’Eben, pour atténuer sa peur lorsqu’il doit évacuer l’île, c’est bien elle qui veut sauver ce jeune esclave polonais. Ce qui pourrait l’amener à sa perte… à sa déportation en Allemagne. C’est enfin Elizabeth  qui les a réunis la première fois pour déguster le cochon rôti, interdit par l’ennemi.

On assiste à une histoire dans l’Histoire. Ce film est une ode à l’amour, l’amour de l’autre et l’amour des mots catalyseurs d’espoir et de paix. « S’ils peuvent relier les êtres affamés de tout, on peut considérer qu’ils peuvent faire des miracles. » L’épicentre reste toujours Elizabeth mais on voit apparaître comme un miroir la silhouette de Juliet qui se profile soudain et de plus en plus nettement.

Le roman, écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, nous ralentit dans l’intrigue dramatique pour des raisons évidentes. Le livre est construit dans un style épistolaire, le lecteur se perd  dans le présent dilué dans un passé où l’action n’est plus vécue par l’auteur ni le narrateur. Dans le film, les images sont belles tout comme l’histoire. On n’a qu’une seule envie, celle de le revoir pour mieux s’en imprégner.

 

Rose-Marie Thénin         Juin 2018

 

 

Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Durée : 1h 45    Genre : Comédie dramatique

Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître, (Prix Goncourt 2013), Albert Dupontel nous offre une belle fresque historique et poétique relatant la Grande Guerre et ses conséquences désastreuses. Le réalisateur nous montre des tableaux touchants mais aussi révoltants avec en vedette le désespoir, la cupidité, mais aussi l’amour que l’on cherche dans toutes les images. Cette œuvre nous est essentielle, pour des gens nés sans avoir connu la guerre.

Deux jeunes gens rescapés, Albert Maillard, Albert Dupontel, et Edouard, Nahuel Perez Biscayart, des griffes acérées du Lieutenant Pradel, Laurent Laffitte, vont essayer de survivre. Edouard est un dessinateur hors-pair. Avec l’aide d’Albert, ils vont essayer de lancer la plus belle arnaque de tous les temps les mettant en danger à tout moment. Mais les éclaboussures de la guerre rejaillissent sur Edouard, devenu une gueule cassée, symbole même de la guerre avec tout ce qu’il y a de monstrueux et d’inquiétant. Vont-ils pouvoir mener à bien ce projet des plus fous ?

Dans ce beau film, il y a deux thèmes récurrents : retrouver son identité dans ce chaos innommable et l’amour, celui que l’on croyait perdu, l’amour entre les hommes après cet affrontement belliqueux, l'amour que l'on croyait perdu entre un père et son fils/

Le réalisateur a su allier avec brio colères et émotions en pointillisme, comme un peintre impressionniste l’aurait fait.

Du très beau cinéma à ne manquer sous aucun prétexte !

 

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2017

Seven Sisters, de Tommy Wirkola

Durée : 2h04     Genre : Thriller, Science fiction

Dans un monde post apocalyptique des années 2070, la population ne fait qu’augmenter. Afin de pouvoir faire face au manque éminent de ressources naturelles, le docteur Nicolette Cayman, Glenn Glose, fait promulguer une loi interdisant aux familles d’avoir plus d’un enfant. Les autres enfants de la fratrie seraient endormis dans une sorte de cryo-sommeil

Mais un jour, sept sœurs jumelles voient le jour malgré les interdictions gouvernementales. La vie de ces sœurs portant le nom d’un jour de la semaine, est réglé comme du papier à musique afin de pouvoir survivre jusqu’au jour où l’une d’entre elles ne se présente pas au rendez-vous quotidien. Pour n’éveiller aucun soupçon, il ne faut avoir qu’une seule identité : Karen Stetman.

C’est un thriller qui va à 100 à l’heure. L’action est vraiment au rendez-vous. Noomi Rapace, qui incarne ces sept femmes, nous livre une prestation nous donnant un aperçu de son talent véritable.

Comme nous faisons partie d’un tout dans ce grand univers, la notion de sacrifice est abordée avec de lourdes conséquences qui pourraient permettre d’avancer tout de même dans un monde qui a perdu toute notion d’espoir.

 

Rose-Marie Thénin         Août 2017

The Revenant, d’Alejandro Gonzàlez Iñarritù

Durée : 2h38               Genre : Western/Drame/Thriller

Ce film, tiré du livre éponyme de Michael Punke, ne nous laissera jamais indifférents.

Nous sommes en 1823, aux Etats-Unis.

Il y a d’abord ce froid incisif qui n’en démord pas (au sens littéral du terme ne pas renoncer mais aussi qui n’arrête pas de mordre). Ce froid imperturbable s’insinue partout en nous rongeant de l’intérieur. On peut le considérer comme un l’un des protagonistes principaux de cette histoire. Il y a aussi cette nature de toute beauté dont la lumière réelle n’arrive pas à nous parvenir, ceci dû au manque de soleil, entre autres. Mais aussi, pour nous cacher les méfaits de ces nouveaux hommes arrivés en terrain conquis. Cette terre, autrefois immaculée, est désormais souillée par les immondices laissées par les Hommes qui laissent dans leur sillage la corruption, la concupiscence, le viol, la mort, la haine et le sang …

Cette nature est dévastée ; elle suinte de ces propres souffrances, qui n’ont pu s’enfouir loin sous cette terre volée aux Indiens qui vivaient en paix autrefois et qui ne se battent que pour la reconquérir. Les indiens, eux-mêmes au sein de leurs différentes communautés se livrent une lutte sans merci, dans laquelle l’Homme blanc, en fin stratège,  est venu attiser le feu sur le sang déjà trop versé et ceci dans l’unique but, celui d’exterminer cette race d’hommes : les amérindiens.

Et il y a également cette immensité des Grandes Plaines, l’infiniment grand qui rappelle notre place si tenue et  si fragile de notre infiniment petit, ces deux concepts sont en juxtaposition.

Hugh Glass, Léonardo Di Caprio est l’un des trappeurs de ces Grandes Plaines. Sa vie a été déjà marquée par le meurtre sous ses yeux de sa femme indienne. Son but est de protéger ce fils métis, Hawk, qu’il sait si vulnérable au milieu de ces blancs belliqueux. Un jour d’hiver, Glass se fait attaquer par une ourse qui a peur pour ses petits. L’attaque est longue et douloureuse, pour bien montrer que les hommes n’ont pas leur place sur ces territoires méconnus. Il est laissé pour mort. Son corps en lambeaux le préserve en vie pour une seule et unique raison, lui procurant cette force inébranlable, qui devrait lui permettre de retrouver Fitzgerald, Tom Hardy, qui a profité de ce moment de faiblesse de Glass pour assassiner son fils gênant. Quelle peut donc être la teneur de cet amour filial qui appelle la vengeance (Second protagoniste principal) ? Hugh Glass n’hésite pas à faire cinq mille kilomètres, à pieds principalement, du Dakota du Sud au Nebraska, pour retrouver Fitzgerald, qui l’a trahi.

Le réalisateur mexicain peut se permettre une dérogation quant au thème rabattu de l’idéalisation de l’Homme Blanc face aux sauvages dans les films américains. Les blancs le sont tout autant sinon plus même s’ils sont habités par ce sentiment de supériorité ridicule qu’ils se sont octroyé. Dans ce western atypique, est-ce que l’homme blanc serait le plus grand des prédateurs ? Dans cet environnement des plus hostiles, arrivera-t-il à être assez intelligent pour survivre ?

Le soleil n’arrive jamais à percer tout à fait dans ces lieux aux hivers interminables qui déshumaniseraient toute créature vivante pour l’amener à un seul point : tenter de survivre,  en oubliant même les règles élémentaires de notre rang sur l’échelle de la biodiversité, pour redevenir les animaux que nous n’avons jamais cessé d’être.

Les oscars du meilleur réalisateur, du meilleur premier rôle masculin, discernés à Léonardo Di Caprio et du meilleur second rôle masculin à Tom Hardy, sont vraiment mérités car, selon moi c’est un des plus beaux films du moment.

La musique omniprésente est là pour donner un plus grand impact dramatique.

Le réalisateur sait nous délivrer des images autant somptueuses que cruelles, avec cette épopée humaine sur laquelle qui exige de nous de méditer.

 

Rose-Marie Thénin      Février 2016

 

La promesse d’une vie, The Water Diviner, de Russell Crowe

Durée : 1h51             Genre : Drame, Histoire

Nous sommes en 1919. Joshua Connor est un fermier localisé en Australie. Le premier plan nous le fait découvrir en train de chercher de l’eau, le symbole de la vie même dans un pays des plus arides.

En fait, de retour chez lui, on s’aperçoit vite que quelque chose ne va pas. Ses trois garçons sont portés disparus depuis quatre ans, depuis la terrible bataille des Dardanelles, à Gallipoli en Turquie, lorsque les Ottomans ont subi une offensive de la part des forces alliées  au moment de la première guerre mondiale.

Le suicide de sa femme tant aimée Lisa est un élément catalyseur, il décide de partir à leur recherche là-bas, malgré la bureaucratie ambiante qui n’entache en rien sa détermination de retrouver ses trois fils.

Voici le premier film de Russell Crowe, il est derrière et devant la caméra pour nous narrer cette histoire méconnue, mais basée sur un fait réel. Le réalisateur nous présente un tableau crédible et juste de cette aventure intemporelle mettant en avant, et ce malgré les difficultés rencontrées, la ténacité et l’amour inconditionnel d’un père et mari pour les siens.

Le titre anglophone, nous offre un autre point de vue et met l’accent sur la recherche de l’eau qui incarne  le symbole de la vie, comme une mère féconde. Le titre en français, lui, résonne comme une promesse faite à laquelle on ne peut déroger en laissant dans son sillage l’espoir d’un ultime message d’amour.

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2015 

 

Un homme idéal, de Yann Gozlan

Durée : 2h00              Genre : Thriller

Jusqu’où peut-on aller pour pouvoir vivre ses rêves ? Mathieu Vasseur  (Pierre Niney, de la Comédie Française) est un écrivain en mal de reconnaissance. Ses manuscrits sont refusés par les maisons d’Edition. Et pour subvenir à ses besoins, il travaille de temps à autre, avec son oncle, chef d’entreprise d'une PME de déménagement. Mais Mathieu s’ennuie à mourir, et meurt d’ennuie.

Mais un jour, (serait-ce le destin?), il trouve le journal d’un soldat parti se battre en Algérie. Il s’en approprie totalement en changeant le titre. Le succès n’attend pas et il se retrouve au sommet de la gloire lorsqu’il rencontre Alice, fille de bonne famille qu’il ne veut surtout pas perdre.

Ce thriller mené tambour battant par Pierre Niney est impressionnant. L’acteur est génial dans ce rôle de composition. Il sombrera peu à peu dans une spirale de mensonges dégradants et nous met devant le fait accompli, difficile de se retrouver devant son plus grand ennemi : soi-même. Le thriller se déroule devant nous avec une méthode implacable et vengeresse. 

On dit que pour créer, il faut éprouver. Sans aucun doute. Cet auteur, pour être enfin reconnu en tant que tel, devait sentir et ressentir afin de se dépasser, pour vraisemblablement renoncer à sa vie prometteuse dont les esquisses s’effacent de plus en plus en se consumant de l’intérieur d’une façon des plus troublantes.

 

Rose-Marie Thénin         Mars 2015

Les Héritiers, de Marie-Castille Mention-Schaar

Durée :1h45                         Genre : Comédie dramatique

Comment un professeur d’Histoire-Géographie parvient-elle à fédérer, voire motiver une classe de seconde très faible du Lycée Léon Blum à Créteil ? En les faisant participer au Concours national de la résistance et de la déportation. Ahmed Drame, étant l’un de ces élèves en 2009, raconte et coécrit même le scénario en prenant le nom de Malik. Il voulait être acteur, son nom de famille le prédestinait-il ?

Dans cette classe multiculturelle, dans laquelle chacun est retranché derrière ses idées, où chacun ne laisse aucune place à la tolérance, tous vont pouvoir s’identifier et se trouver enfin. Bon nombre d’entre eux ne sont pas de confession juive, mais qu’importe, il ne s’agit pas seulement de religion ici, il s’agit de l’humain, de l’Humanité avec tout ce que cela peut comporter. Devant les images de la honte et témoignages des rescapés, se cachent la solidarité, l’amitié et l’espoir que chacun doit garder au fond de nous. Ces jeunes adultes, tournés vers eux-mêmes, d’une sensibilité exacerbée, pris dans un tourbillon difficile à contenir (pression faite par la famille ou l’environnement), arrivent toutefois à trouver leurs voies en unissant leurs voix pour se faire entendre, afin que personne ne puisse oublier le passé non loin, qui dessine leur futur. C’est dans ce projet dans lequel ils seront fédérés qu’ils découvrent leur confiance en eux et leur place dans ce monde. Dans cette aventure humaine, chacun se sent grandi et investi d’une noble mission. Emus par tant de cruauté face à la force destructrice de l’être humain, ils prennent sur leurs épaules ces souffrances vécues par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants comme Jésus l’avait fait il y a plus de 2000 ans. Habités par ce projet commun qui leur donne soudain un sens à leur vie qui leur avait été occulté, ils se sentent portés par une prise de conscience collective douloureuse, certes, mais leur permettant de devenir acteurs de leur existence. Jour après jour et durant ces mois durant lesquels ils ont dû travailler ensemble, Ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls dans ce monde des plus hostiles, qu’il y avait eu avant eux d’autres hommes qui se battaient pour la liberté et que celle-ci devait perdurer comme un message de bonne parole pour que plus jamais cela soit.

Ce génocide est un parmi tant d’autres. Celui-ci n’en est que la partie visible de l’iceberg.

C’est dans cette solidarité et cette amitié qu’ils ont pu rencontrer ce message de tolérance qui va bien au-delà des mots. Accepter l’autre avec ses différences est devenu une devise emblématique. Faisant partie intégrante d’un tout, ils ont pu comprendre le respect des êtres, le respect des choses et le respect de la vie. Ils se doivent toutefois de s’accaparer et propager ce passé, afin d’ériger un nouveau futur, étant Les Héritiers de cette page de l’Histoire.

Rose-Marie Thénin                             Décembre  2014 

Nos étoiles contraires, de Josh Boone

Durée 2h00                          Genre : Drame

Adapté à l’écran du Best Seller éponyme de John Green,  The Fault in our Stars, se révèle être un vrai joyau cinématographique qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Hazel Grace, jouée par Shailene Woodley, (Divergente), jeune adolescente de 17 ans, est atteinte d’un cancer depuis l’âge de ses 13 ans. Son lot, les hôpitaux et les traitements divers. Elle a survécu grâce aux différents protocoles mis en place. Mais aujourd’hui, ses poumons sont atteints et sa bouteille d’oxygène est devenue le prolongement de ses membres atrophiés. Et puis dans cette monotonie qui se veut fatale, apparaît une lueur qu’elle discerne dans le sourire communicatif de Gus Waters, Ansel Elgort (Divergente), 18 ans, en rémission depuis 18 mois, quelle rencontre dans un groupe de soutien. Très vite, ils sentent la complicité naître entre eux leur ouvrant des fenêtres qui jusqu’ici étaient closes. Ce qui va contribuer à éveiller des sentiments, et des émotions contre lesquels Hazel se bat, pensant qu’elle n’y a pas droit, compte tenu du mal incurable qui la ronge inexorablement. Pourtant, elle essaiera de vivre chaque minute de ces échanges, avec Gus, moments uniques dans une vie si courte soit elle.

Hazel, (littéralement en anglais de couleur noisette), dit qu’elle est une grenade qui peut exploser à tout moment. Lui, Gus, dit qu’il a peur de tomber dans l’oubli. Mais, n’est-ce pas notre crainte à tous que l’on passe dans les ruines du néant dès notre finitude annoncée ?

Hazel n’avait qu’un seul rêve, avant de rencontrer Gus, celui de rendre visite à son écrivain préféré qui vit en Hollande, à Amsterdam. Mais le traitement est très onéreux et le voyage pourrait affaiblir considérablement la santé si fragile d’Hazel. Pourtant avec l’aide de la Fondation, Gus va permettre à Hazel de réaliser ce rêve, ainsi que tous les autres auxquels elle refusait de croire.

Hazel Grace et Gus vont découvrir l’alchimie de l’amour, et conscients de leur chance de pouvoir le vivre,  ils vont durant le peu de temps qui leur sera imparti, apprendre à s’aimer plus fort que tout même si cette destinée contrariée est portée dans le titre. L’apothéose de ce romantisme absolu

"je sais que l’amour est un cri dérisoire face au néant et que l’oubli est inévitable ».

Supporter la douleur tous les jours ne serait rien à côté de la perspective de l'absence de l'autre, parce rien ne peut être plus terrible que cette souffrance de plus en plus intense qui se distille en nous insidieusement. Pas même tous les cancers réunis, même si ceux-ci peuvent avoir raison. C’est bien la qualité et l’intensité des moments qui font qu’ils sont inoubliables et non leur durée. 

 

 

Rose-Marie Thénin                             Août  2014 

12 Year a Slave, de Steeve Mac Queen

Durée : 2h123              Genre : Biopic

Salomon, homme de couleur affranchi, vit heureux avec son violon et sa famille.  Mais certains en ont décidé autrement.

Il est trahi un jour et devient malgré lui un esclave comme ses frères dans le Sud des Etats-Unis, un lieu des plus hostiles.  Chaque plan est comme un tableau que nous nous 

lasserions pas de contempler. Pourtant, les images sont d’une cruauté sans nom pour bien faire comprendre à l’inconscient collectif les conditions misérables dans lesquelles vivaient ces pauvres âmes.

Les hommes blancs ont tout simplement vendu leurs âmes au diable pour quelques prétextes fallacieux débordants d’inhumanité.

Steve Mc Queen qui veut nous montrer quelles peuvent être les relations maîtres-esclaves dans toute leur complexité des plus perverses, vient de réaliser un très beau film qui dépeint la destruction rapide d’un homme qui jusqu’ici pensait que la vie l’avait comblé.

Salomon Norththup a eu le temps de nous livrer son histoire des plus émouvantes. Tirée d’une histoire vraie, nous assistons ici à une descente aux enfers peu commune. Habituellement, les films portent sur l’évolution des personnages en quête de liberté au milieu de leur détention. Ici, c’est le contraire, on voit cet homme libre devenant un jour un esclave. A ce propos, Salomon, au début du film a un port altier. Et peu à peu, on le voit perdre sa forme humanoïde. Il se courbe de plus en plus face au négrier qui l’a acheté, Edwin Ebbs, Michael Fassbender, qui s’est acheté une mauvaise conduite. La perte de dignité de cet être devenu vulnérable, n’est pas seulement morale, elle est aussi physique et se poursuit jusqu’à l’anéantissement de soi. Jusqu'à la perte de l'identité,  il devient Blate, en d'autres termes le cousin du cafard. Ce n’est pas  la suprématie du peuple blanc sur les noirs seulement qu’il faut considérer, c’est une oppression qui touche la planète entière à laquelle il faut remédier. Mais quelle peut donc être l’issue devant l’inattaquable ? Le deuxième aspect est qu’il ne faut rien prendre pour acquis. Les choses peuvent changer en une fraction de seconde. Il ne faut pas oublier que nous sommes seulement en sursis. Prenons garde...

 

 

Rose-Marie Thénin       Janvier 2014         

 

Le Majordome, de Lee Daniels

Durée 2h12      Genre : biopic

Il y a beaucoup d’émotions dans ce biopic, basé sur une histoire vraie, campé par Forest Whitaker.

Nous sommes à la veille de la Grande Dépression, en 1926, et le Sud des Etats-Unis bat son plein dans une ségrégation raciale implacable.

Le jeune Cecil Gaines, dans les champs de coton voit son père assassiné par le même blanc qui rossait en la violant sa mère. L’univers le plus hostile est arrivé à son paroxysme. Il décide de se rendre vers le Nord. Mais avant, il apprend tous les rudiments pour être un bon majordome. En 1952, ses compétences sont vite remarquées, elles lui offrent la possibilité de postuler pour le poste « aussi stratégique que convoité » à la Maison Blanche. (La Gazette Utopia N° 238).

Cecil Gaines ne fait pas de politique, bien qu’il soit plongé dans le cœur de l’Histoire des Etats Unis durant 34 années, en servant 8 présidents. On revit avec lui tous ces événements qui ont amené de grands changements dans la vie de tous les jours à des milliers d’individus appartenant à la communauté noire des USA. De John F. Kennedy par Martin Luther King, en passant par Nixon et la guerre du Vietnam en n’omettant pas Reagan et l’Apartheid en Afrique du Sud.

Cecil Gaines est confronté malgré lui à ces tensions socio-économiques dans lesquelles son fils ainé est largement impliqué dans le mouvement des Black Panthers.

Ce film met l’accent sur une vie professionnelle exemplaire mais aussi nous dévoile un homme qui indirectement a contribué à la lutte des Noirs pour la justice et l’égalité de droits dans ce pays neuf.

Forest Whitaker, Oscar du meilleur acteur 2014, ce serait tout à fait légitime…

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Septembre 2013

Blue Jasmine, de Woody Allen

Durée 1h38       Genre : Drame

Il y a effectivement deux tableaux distincts dans le dernier film, sans doute, un des plus touchants de Woody Allen. Un premier tableau à New York, qui correspond au passé, où Jasmine vit une vie luxueuse comme toute bourgeoise qu’elle est. Mariée à un homme richissime incarné par Alec Badlwin, elle se pavane dans cette vie faite pour elle, et ne veut pas s’occuper des affaires étranges que mène son mari.

Et un y a un deuxième tableau lié au présent, à San Francisco, avec une Jasmine dépossédée de tout, même de son vrai prénom, (Janette étant trop banal à son goût), qui débarque avec sa valise Louis Vitton, chez sa sœur non biologique Ginger. Jasmine traverse une période des plus difficiles de sa vie. Elle ne connaît pas les nouveaux codes de cette société (travailler, s’occuper d’un intérieur, ou d’enfants), tout cela lui est totalement inconnu. Ici rien ne lui ressemble, ici rien n’est fait pour elle. Elle dénigre tout ce petit monde auquel elle n’appartient pas. Même les petits copains de Ginger sont pour elle des loosers. Elle est dans un déni total.

Le passé et le présent s’entremêlent pour arriver au temps « T » où tout sera dit. Le film est construit comme un thriller, et peu à peu, le voile est levé.

Le mari de Jasmine a été arrêté et celui-ci ne pouvant accepter cette déconvenue, il s’est donné la mort. Fini pour Jasmine les soirées de gala et de charité où elle savait si bien être la maîtresse de maison.

Avec pudeur, Woody Allen décrit cette fragilité, cette vulnérabilité dans notre paraître si loin de notre être véritable qui souffre de ce hiatus géant tout en oscillant entre passé et présent, entre réalité et rêve.

Jasmine, détruite au plus haut point, n’a plus assez de discernement, a perdu toute objectivité pour se reconstruire. Elle redevient vraie et cela lui est insupportable. La scission entre son passé et son présent des plus sordides la mène dans un endroit tout à fait méconnu. Enlisée dans ses mensonges qu’elle se fait à elle-même, elle essaie de sortir la tête de l’eau. Mais le choc est trop important, la dépression est trop forte, elle n’arrive plus à s’extirper de ce marasme. Entre vodka martini et xanax, elle nous montre son côté obscure des plus inquiétants.

Elle sait à peine nous donner encore l’illusion de ce qu’elle était, mais très brièvement pour sombrer jour après jour dans une problématique redoutable. Jasmine trébuche jusqu’au dénouement qui, lui ne laisse aucun doute de notre capacité à endurer les strates de la vie. Au début, on arrive à la plaindre, mais le dénouement est probant et on la découvre véritable et fragile tant sa souffrance est réelle, mêlée à sa complice la culpabilité qu’elle nie totalement.

Jasmine est en pleine perdition, et sa descente aux enfers va crescendo. Nous ne pouvons que ressentir beaucoup d’empathie pour elle qui vient de voir son monde s’écrouler dans lequel elle vivait en parfaite harmonie.

Un grand bravo pour la prestation des plus merveilleuses de Cate Blanchett qui nous rappelle son attachement au théâtre, la direction artistique de la Sydney Theatre Company lui a été confiée et « renouer avec la scène m’a donné une audace nouvelle que je vais essayer d’exprimer dans mes prochains rôles au cinéma », nous confie Cate Blanchett dans Première – 24 pages spéciales Woody Allen. (Septembre 2013)

Et cela se voit pour notre plus grand plaisir!

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Septembre 2013

Elysium, de Neil Bloomkamp

Durée : 2h00          Genre : Science Fiction

Il y a une grande dimension dans les films de Neil Bloomkamp, celle qui nous interpelle.

Déjà dans District 9, on la pressentait dès les premières images. Originaire de l’Afrique du Sud, il savait de quoi il parlait en nous préparant cette allégorie sur l’après Apartheid.

Nous sommes en 2154.

Dans cet opus, qui atteint son apogée au dénouement, le réalisateur a su établir un contraste marqué entre la richesse et la santé représentée par ce paradis installé sur la station orbitale Elysium, et la terre, devenue champ de ruines, montrant du doigt la pauvreté et cette maladie qui ronge inexorablement les hommes. Le réalisateur met ici l'accent sur l'immigration.

D’ailleurs, ce film a été tourné sur une grande décharge à ciel ouvert afin de donner plus de réalisme.

Chaque scène est marquée par une musique entêtante de Ryan Amon. donnant plus d'impact dramatique aux images qui se déroulent devant nous.

Dans cette vision post apocalyptique, il y a un homme, Max da Costa, Matt Damon, un ouvrier pauvre qui s’est pourtant juré un jour d’aller sur Elysium.

Les effets font preuve d’une prouesse technique renversante.

Quant à Matt Damon, il est totalement habité par ce Max da Costa incarnant à lui tout seul le symbole emblématique de l’espoir d’un monde qui pourrait être meilleur.

 

Rose-Marie Thénin         Août 2013


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