Rose-Marie THENIN parle de cinéma, de livre et de théâtre avec passion

Voici son nouveau thriller :  Comme un arbre dans la nuit.

Couleurs de l’incendie, de Clovis Cornillac

Durée :  2h14     Genre : Fiction


Couleurs de l'incendie est un film réalisé par Clovis Cornillac avec Léa Drucker,.A la mort de son père, Madeleine Péricourt est la seule héritière de l'empire financier, la banque Péricourt. Mais pour une femme détenant un tel pouvoir à cette époque, cela attire de nombreux vautours, entre autres, Gustave Joubert, Benoît Poelvoorde collègue de Péricourt, Charles Péricourt, frère du défunt, Olivier Goumet, et André, le jeune journaliste pédophile masochiste, qui se laisse aller aux pires infamies qui feront commettre le pire à Paul, le jour des funérailles de son grand-père. Mais il y aura la cantatrice jouée par Fanny Ardent qui permettra à Paul de se relever un peu.
Nous sommes heureux de retrouver Clovis Cornillac derrière la caméra en tant que réalisateur. Du reste, son rôle de chauffeur (détective) est essentiel pour permettre à madeleine de se venger.
Pierre maître a écrit le livre, les dialogues et le scénario. Tout est bien orchestré et reconstitué.
La vengeance est toujours présente. Dans Au revoir là-haut, Édouard, en tant qu'artiste, jamais compris par son père, veut se venger d'une manière très subtile. La vengeance fomentée est l'élément d'équilibre. Dans ces deux films, elle devient un protagoniste à part entière.
Du très beau cinéma à la hauteur de l'auteur et du réalisateur.

 

 

Rose-Marie Thénin           Novembre 2022 

Jacques Mimoun et les secrets du Val Verde, de Malik Bentalha et Ludocic Combeau-Justin

 

Durée : 1h42                  Genre :  Comédie, aventures

Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est un film réalisé par Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin avec Malik Bentalha, Joséphine Japy, Benoit Magimel, Jérôme Commander, François Damiens

 

Jacques Mimoun, Malik Bentalha, se dit survivant de l’Enfer. Alors qu’il était en voyage, il trouve une sacoche ayant appartenu à un grand aventurier. Depuis, il surfe aisément sur la vague.  Il ment à ses  ses followers sur les réseaux sociaux, mais surtout à lui-même. Cette supercherie le rappelle à l'ordre lorsque la fille de Diaz, le voyageur aventurier, Joséphine Japy, lui demande de l'aider à retrouver une fameuse épée au Val Verde... il n'hésite pas. On suppose que c’est en Amérique du Sud.
Les gags sont très drôles, du début jusqu'au bout. L'équipe, François Damiens, Jérôme Commander, et Benoît Magimel, qui a adopté un registre tout à fait différent cette fois ci, et Joséphine Japy montre la cohésion de ce groupe pour notre plus grand plaisir. La porte est ouverte pour un nouvel opus. C'est le risque.  

 

Rose-Marie Thénin           Octobre 2022 

 

Simone, le voyage du Siècle, d’Olivier Dahan

Durée :  2h20     Genre : Drame biographique

Elsa Zylberstein est magnifique dans cette biographie inattendue et pourtant si bien accueillie.
Simone à travers son siècle, et ce pour l'éternité. Elle nous montre son enfance heureuse au sein d’une famille juive 'laïque' comme elle aimait le répéter, ses combats, ses souffrances dans les camps de concentration. Ce background lui a donné la force de se battre pour les autres en s'oubliant parfois elle-même. Avocate, elle aborde les thèmes qui sans cesse la remettaient en question : Les conditions de la femme, droit à l'avortement, les unités pénitentiaires en France mais aussi à l'étranger, et plus tard en tant que députée, l'Europe en quoi elle croyait.

Il faut toujours en faire plus, devait-elle se dire, ne pas lâcher, il y a tant à faire. Elle a pu être sauvée des camps de la mort, elle, il faut sauver les autres.
Passé et présent se côtoient généreusement, tout comme dans La môme, du même réalisateur, nous livrant peu à peu les éléments dont on a besoin.
Cette phrase reprise dans La liste de Schindler de S. Spielberg pourrait s’appliquer à elle également.
"Qui sauve une seule vie, sauve l'humanité", Le Talmud.

 

 

Rose-Marie Thénin           Octobre 2022 

The Woman King de Gina Prince-Bythewood

The Woman King retrace l'histoire extraordinaire des Agojié, une unité de guerrières qui protégèrent le royaume de Dahomey au XIXème siècle en Afrique de l'Ouest. Leurs aptitudes et leur fureur n'ont jamais trouvé d'égal.

Inspiré de faits réels, The Woman King suit le destin épique de la Générale Nanisca, qui entraîne une nouvelle génération de recrues et les prépare à la bataille contre un ennemi déterminé à détruire leur mode de vie. Il y a des causes qui méritent d'être défendues...

 

Ce film est une vraie offrande, une ovation, un manifeste pour les femmes dans cette société africaine du 19e siècle. L’importance de ces dernières ne fait aucun doute, montrant qu’elles sont le pilier essentiel, trop souvent occulté dans un monde machiste et violent. Les combats sont crédibles, bien orchestrés.
Mais il y a un autre point qu’il ne faut omettre, l’esclavage croissant
Dans ce chaos, in événement déterminant va changer le cours du temps de la chef des Agojié.
Cela va lui permettre de changer sa perception des choses et surtout, lui donner la rédemption pour le péché, qu'elle avait commis il y a bien longtemps...

 

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2022 

 

 

Kompromat, de Jérôme Salle

Durée : 2h07                  Genre :  Historique, DrameAction


Une intrigue et un film « très librement inspirés de faits réels » et de l'histoire de Yoann Barbereau, le vrai Mathieu Roussel. Le film est basé sur l'histoire vraie du français Yoann Barbereau, ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk en Sibérie orientale.

 

Mathieu Roussel, incarné par Gilles Lellouche, ne fait plus l'unanimité depuis quelque temps. Ces idées ne correspondent plus au format russe. Il risque même de nuire à la stabilité du pays, être en l'occurrence, un ennemi notoire de la nation.
Alors, arrivent les mauvaises nouvelles, on l'incrimine de tous les maux de la terre. On veut sa peau en d'autres termes.
Va-t-il pouvoir fuir ce pays qui ne l'accueille plus à présent ?
Un thriller haletant qui rajoute hélas le discrédit sur à la fédération de Russie depuis son invasion de l'Ukraine en février dernier.  

 

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2022 

Revoir Paris, d’Alice Winocour

Durée : 1h45                  Genre : Drame

Mia, Virginie Efira, se trouve à l'étoile d'or, une brasserie dans Paris pour attendre la fin de la pluie. Hélas, une attaque terroriste a lieu. Comme les survivants ou les proches des victimes, Mia ne vit plus vraiment. Elle est hantée par ce drame dont elle n'a presque plus aucun souvenir.  Elle est à peine blessée physiquement.
Sa relation avec Vincent, son ami, ne rime plus à rien, d'autant plus qu'elle le soupçonne de l'avoir trahie ce fameux soir où il l’a laissée seule au restaurant.
Elle retrouve Thomas, Benoît Magimel, qui devra subir plusieurs opérations de la jambe, était en train de fêter son anniversaire trois mois plus tôt, assis avec des amis non loin. Depuis, la solitude demeure omniprésente et l’inconscient a préféré occulté ces horreurs. Mia enquête obstinément car des bribes capricieuses reviennent peu à peu, dans sa mémoire tourmentée. Elle en a besoin pour retrouver un semblant de bonheur.

Qui, pourrait être donc  cet homme, qui lui serrait si fort la main en lui répétant qu'elle allait s'en sortir ?

On  pourrait résumer cette situation en fredonnant un extrait de cette chanson de Maxime le Forestier, Mon Frère
Je suis moins seul de t'avoir fait, Je t'ai dérangé, tu me pardonnes, Ici quand tout vous abandonne, on se fabrique une famille" 

 

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2022 

La dégustation, de Yvan Calbérac

Durée : 1h28                  Genre : Comédie dramatique

Adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Ivan Calbérac créée au Théâtre de la Renaissance en 2019.

 

Hortense, Isabelle Carré, est sage-femme et son horloge biologique la rappelle à l'ordre sévèrement. Mais dans sa vie, elle ressent un vide immense. Son fiancé a annulé, il y a bien longtemps, le mariage deux semaines avant la cérémonie. Alors Hortense pour oublier la douleur de ce néant omniprésent, et auquel elle doit faire face, se noie dans des occupations diverses et variées.

Et puis, un beau jour, elle rencontre Jacques, Bernard Campan, caviste dont elle tombe immédiatement amoureuse.
Mais Jacques n'a pas vaincu, lui aussi, tous ses démons, il est rongé par le remords. Trop de route, un matin, il a hélas tué son petit garçon et… son couple.
Jacques et Hortense, vont-ils pouvoir se rencontrer vraiment dans les volutes du vin qu’ils dégustent ?
Belle comédie, les auteurs jouent juste et nous font un plaisir immense.

 

 

Rose-Marie Thénin           Août 2022 

Là où chantent les écrevisses, de Olivia Newman

Durée : 2h05                  Genre Thriller dramatique

Ce film est tiré du livre à grand succès écrit par Delia Owens, (titre original  Where The Crawdads Sing).

Nous sommes en 1953, en Caroline du Nord, USA.

La petite Kia âgée de dix ans environ, doit faire face très vite à la solitude lorsque tous les membres de sa famille partent les uns après les autres. Sa mère ne veut plus subir les coups de son mari violent et alcoolique, puis son frère et sa sœur. Elle se retrouve seule avec son père un moment qui finit par disparaitre lui aussi, rongé par la honte et la culpabilité. Seul un couple de couleur noire, commerçant, Jumping et sa femme vont l'aider à survivre dans un environnement aussi hostile que cruel.

Mais Kia a cette force en elle et ce regard tendre sur la nature. Elle sait tout reconnaître des oiseaux, les plumes, les coquillages de la mer.

Une enfant livrée à elle-même, est du bon pain pour les services sociaux qui veulent s’en occuper. Mais elle résiste. Elle essaie d'aller à l'école mais les humiliations des autres enfants ne lui laissent aucun choix.

Jeune femme, elle rencontre Taite un garçon très délicat, qu'elle avait déjà vu souvent avec son frère Ses goût pour la nature vont la rapprocher de Kya. Il lui apprend même à lire et à écrire. Ils ont des moments merveilleux tous les deux et vivent un grand bonheur... qui doit s’interrompre brutalement. Tate doit partir en ville pour finir ses études. Il lui promet de revenir le 4 juillet pour la fête nationale mais la plage est bien vide et le feu d'artifice est bien insipide. La blessure dans son cœur est immense. Il se trouve qu’elle se sera malgré tout atténuée lorsqu'elle rencontre Chase un être vulgaire et brutal, la star de la ville qui cache bien son jeu. Elle pense que ça ira bien mais cela se révèle plus ou moins vrai aujourd'hui.

 

C'est le procès de Kia parce que on lui demande de s'expliquer sur le meurtre de Chase découvert récemment. Comment a-t-il pu mourir ? Aucune preuve tangible relie à Kya à ce meurtre, mais comme les gens de la ville la détestent, ils n'hésiteront pas à l'incriminer. Pour eux, elle est et sera toujours La Fille des Marais de Barkley Cove. Pourquoi Kia reste-t-elle silencieuse ? Ce fardeau serait-il trop lourd à porter ? Elle laisse son destin et la parole à Maître Norton, un avocat de la ville en retraite qui a pris sa défense. Que va-t-il se passer pour elle : la peine de mort ou la perpétuité ? Ce film est sur la différence et la solitude mais aussi sur la nature, et les magnifiques plans nous le prouvent. Nous nous sentons proches de Kya même si on ignore…. Jusqu’à la fin qui a tué Chase. Kya, ou du moins, on le suppose. Va-t-elle être relâchée ? Ce système voudrait tout simplement la détruire car dans tout système écologique il y a une proie et… un prédateur, là justement où chantent les écrevisses.

 

Rose-Marie Thenin              Août 2022

Elvis, de Baz Luhrmann

Durée : 2h39      Genre : Biopic

Ce biopic raconte les rapports conflictuels avec le colonel Parker, qui n’est pas un vrai colonel et qui ne s’appelle pas Parker non plus.
Comment un petit camionneur peut-il toucher la gloire aussi naturellement et aussi soudainement ?

Cette histoire nous montre un destin aussi extraordinaire que tragique pour ce jeune homme, mort à 42 ans en 1977, bercé par la pauvreté mais riche des rythmes noirs qui commençaient à se faire entendre. Son style nouveau et provocateur va ébranler les idées reçues sur tout.
Ce gentil garçon ne voulait que chanter... Et danser. Son nouveau style va du reste révolutionner toute la planète.
Tenu reclus dans une belle geôle dorée, à son insu, il a été empêché de partir à la conquête du monde. C'est le monde qui a dû venir à lui. Lui dépossédé de son âme rebelle. Il a fait l'objet d'un arrangement des plus méprisables.
Un bel hommage. Austin Butler est merveilleux dans ce rôle et Tom Hawks interprète Le Colonel Parker, à peine reconnaissable. 
Une voix au bout d'un micro tenu par une main qui ne tremblera jamais.  

 

Rose-Marie Thénin           Juin 2022

Les animaux fantastiques, Les secrets de Dumbledore, de David Yates

Durée : 2h20      Genre : Science-Fiction

Cet 3ème opus est très intéressant. Il nous donne les renseignements que nous retrouvons dans le dernier volet de Harry Potter, Les reliques de la mort, la guerre contre les moldus par le puissant sorcier noir Gellert Grindelwald. Albus Dumbledore se dévoile devant nous et nous rappelle sa double culpabilité. De s’être allié au terrible sorcier… par amour, et la mort de sa jeune sœur Adriana. Il en assume toutes les conséquences et demande la rédemption pour ses péchés. Mais il ne pourra pas vaincre Grindelwald tout seul, il le sait très bien. Pour ce faire, il fait appel à un magizoologiste, Norbert Dragonneaux qui monte une équipe de sorciers et de sorcières.

La fin des Harry Potter se fait encore sentir aujourd’hui et nous avons plaisir de retrouver l’atmosphère et les personnages qui nous en tant nourris.

 

 

Rose-Marie Thénin           Avril 2022

Le temps des secrets, de Christophe Barratier

Durée : 1h48      Genre : Fiction, biographie

Le Temps des secrets est le troisième tome des Souvenirs d'enfance, un roman autobiographique de Marcel Pagnol, paru en 1960. Il est précédé par Le Château de ma mère et La gloire de mon père.

Ce film Le temps des secrets est une réelle bouffée d'oxygène.
Nous sommes en 1905.

De très belles images s’offrent à nous sur une Provence prête à nous accueillir avec en filigrane ces cigales qui n'arrêtent pas de "chanter".

Le réalisateur nous dresse un scénario qui réchauffe le cœur. Nous avons d’un côté la France rurale contre la France des villes (en l’occurrence Marseille).
A la campagne, c’est les vacances tant attendues pour le jeune Marcel. Au travers de ses yeux de jeune adolescent, on le suit du haut de ses 12 ans, Il va rentrer en 6ème, élève boursier, la gloire de son père, instituteur qui l’a eu même dans sa classe.

Ici, on se bat pour de vraies valeurs, telles que L'amour, l'amitié, le respect.
Ici on se bat pour des valeurs républicaines : l'école comme pilier à savoir, celui qui permet la transmission du savoir. Nous retrouvons la nostalgie des jours anciens, tout n’était pas certes plus facile, mais ces jours-là apportaient leur lot de confiance et de certitude.
Cet opus demeure très important. C’est un moment clé, car il découvre Isabelle, petite fille mystérieuse qu’il veut connaître plus et délaisse de ce fait son ami de toujours.
Mais cet épisode douloureux lui apprendra à ne plus prendre pour argent comptant ce qu'on lui dit et surtout ne pas avoir honte de ce que l'on est et de sa propre famille.
Nous avons même les prémisses des réunions des femmes pour le droit de vote en 1905.

Un pur joyau à croquer sans modération

 

Roser-Marie Thénin         Mars 2022

 

 

The Batman, de Matt Reeves

Durée : 2h52      Genre : film de superhéros, drame, aventure, action, criminel

Il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu Robert Pattinson à l’écran. Le choix du casting, du reste, est tout à fait adéquate. Bruce Wayne est ici totalement métamorphosé. Physiquement entre autres.

Cette revisite est plus sombre, plus tenace, plus émouvante. Cet homme mu par la vengeance du meurtre de ses parents, nous montre ses fêlures. Epuisé, traqué par ses propres démons, il est déchiré et nous fait découvrir ses grandes cicatrices.

Depuis quelque temps, il s’est investi d’une mission, celle de protéger ses concitoyens des criminels tellement nombreux de Gotham City. Cela lui donne la force d’avancer. Mais ce n’est pas lui, c’est l’autre homme qui a pris le dessus et qui le motive. Il y a cette musique entêtante qui ne s’arrête jamais face à cette corruption dégoulinante qui le ramène au cœur de son histoire personnelle dont il se tient pour responsable.

Les conditions météo font partie intégrante du drame, The Batman et Bruce Wayne évoluent dans une ville de ténèbres sous une pluie froide qui ne finit donc jamais.

A ses côtés,  Zoë Kravitz, Sélina Kyle, Paul Dano, Sphynx, Colin Farrell, Pingouin.

Le temps n’est rien, on est captivé par cette histoire où tout est vu au travers des yeux de cet homme si mal.  Et puis il y a cette prise de conscience qu’il doit incarner autre chose que la vengeance, comme l’espoir, par exemple. Cela laisserait-il une porte ouverte vers un autre opus ?

 

 

Rose-Marie Thénin           Mars 2022

Mort sur le Nil, de Kenneth Branagh

Durée :  2h7       Genre : Policier

Après avoir réalisé Le Crime de l'Orient-Express en 2017, Kenneth Branagh  s'est attaqué à Mort sur le Nil du même auteur. Le réalisateur a pris beaucoup de liberté concernant les personnages. Bien qu’ils aient souvent gardé leur nom, ils ne sont plus les mêmes. Il les a même quelque peu transformés sur l’échiquier pour changer un peu l'histoire. Mais Hercule Poirot, interprété par le réalisateur lui-même cette fois encore, est toujours autant humain et nous délivre ses plaies physiques et morales. Cela est dû à la perte de cette femme qu'il a tellement aimée et… perdue. Cela a peut-être permis d'aiguiser son sens de l'acuité et de la déduction. C'est une des seules versions à l'avoir fait. Nous le voyons meurtri, et combattant à la fois. Son amour, Catherine est une obsession, une force même.

Pour revenir à Mort sur le Nil, le réalisateur a quand même permis un spectacle de toute beauté, une Egypte de la fin des années 30 avec ses pyramides et ses mystères, ses décors somptueux. Une histoire belle et tellement crédible, le talent de l’auteur est visible, palpable chaque minute. Kenneth Branagh a fait tomber devant nous toutes les barrières, raciales, familiales, sociales et économiques, pour nous démontrer ô combien le manque de résistance des hommes est omniprésente.

On a plaisir à retrouver ce nouvel opus d'Agatha Christie revisité et bien plus empreint de sensualité que la version de 1978, plus pragmatique avec Peter Ustinov.
Mais le fond reste le même sauf pour Hercule Poirot, qui peut à tout moment succomber à ses propres faiblesses.  

 

Rose-Marie Thénin   Février 2022

Nigthmare Alley, de Guillermo Del Toro

Durée : 2h30      Genre : Thriller, drame
Ce film est tiré du livre éponyme de, William Lindsay Gresham en 1946, la dernière adaptation Le Charlatan datant de 1947, Guillermo Del Toro a voulu revisité cette histoire qui saura attirer toute notre attention.

Nous sommes vers les années 40. Stan Carlisle, Bradley Cooper, a toujours affiché une détestation palpable pour son père qui le lui rendait bien. Et Stan ne peut plus maitriser sa colère devant tant de pauvreté, tant de cruauté et commet l’irréparable. Après ce parricide, Stan se rend dans une fête foraine des plus glauques pour trouver un travail. Il apprend vite et comprend comment faire valoir ses qualités, entre autres. Il apprend tous les codes avec d’anciens mentalistes Zeena, Toni Colette, et son mari Peter, David Stratairn. Lorsque qu’il se sent prêt, il part avec Molly, Rooney Mara pour montrer au monde qu’il a un vrai don de clairvoyance. Qu’importe la déontologie. Ce qu’il veut, c’est gravir les échelons sociaux et surtout gagner beaucoup d'argent, en d’autres termes escroquer l’élite avec des mensonges plus éhontés les uns que les autres.
Sa réussite se fait sentir quelque temps après mais ce n'est pas assez.  
Sa rencontre décisive avec Lilith Ritter, Cate Blanchett, psychologue obscure et sensuelle, va le faire basculer du côté obscur. Il va se sentir pousser des ailes (de la mort) en faisant intervenir les défunts. Les cartes du tarot lui avaient en quelque sorte prédit de ne pas se lancer dans ce registre des plus risqués.  Le pendu à l'envers. Mais Stan n'écoute pas et poursuit sa quête au péril de lui- même.
La reconstitution est fabuleuse et donne beaucoup de crédibilité à ce thriller puissant. La distribution est riche Tout cela se passe dans un lieu où neige, froid, et pluie augmentent la charge dramatique.

Du très beau cinéma qui laisse un message, ne jamais passer derrière le miroir, cela peut être irréparable.

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2022

Durée : 2h04      Genre : Comédie dramatique

 

Ce film est tiré du livre éponyme En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut paru en 2016.

Pourquoi ce titre tout d’abord ?

C’est une chanson tout bonnement Mr. Bojangles interprété par Nina Simone.

"Ils dansent souvent sur cette chanson". Ils dansent si bien qu’on aimerait danser avec eux.

"Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton."

Dans ce film, Virginie Efira et Romain Duris se rencontrent à une fête dans les années 50. Dès que ses yeux se posent sur cette femme qui danse avec volupté, il n’a d’yeux que pour elle. Quelque chose d’inédit vient de se produire. Arrive la naissance de leur fils Gary, leur bonheur est à son paroxysme, enfin presque.

Il y a quelque chose d’angoissant, voire effrayant dans l'amour, quelque chose de merveilleux et phénoménal, cette apogée à laquelle on s’attendait ou ne s'attendait pas et puis il y a cette crainte effrayante de ne pas pouvoir contrôler, ne pas pouvoir vivre ce summum de l’allégresse de façon pérenne. Cette fin inéluctable et fragile qui répond aux caprices de la vie dans laquelle on plonge inévitablement.

Camille et Georges, sont heureux d’un rien qui unit leur vie et qui les a unis. Appelons-les ainsi car on ne connait pas leur vrai nom. Ils passent leur temps à se vouvoyer en s’appelant par des noms qui ne sont les leurs, en passant par les grandes tragédies et autres chef-d ’œuvres littéraires. Entre poésie mariée à une sensualité absolue, Camile et Georges évoluent tant bien que mal dans ce monde qui ne semble pas fait pour eux.

Mais tout a un prix, Camille souffre d’une « folie » qui peut tout faire basculer.  C’est à ce moment-là que le film prend une tournure beaucoup plus dramatique. Les choses deviennent assurément compliquées. Et l’amour dans tout cela ? Celui dont on rêvait et qu'on a déjà eu la chance de vivre, ne serait-ce qu'un seul instant ?
Le fait d'incarner tous ces autres sans s'approcher vraiment de soi fait penser à un mensonge qui saurait nous enrober, alors que c'est l'inverse.  Jusqu’au dénouement brusque et fatal. Georges et Camille nous plongent dans leur danse. On devient enfin le prolongement de leurs membres malgré nous.  A un moment, ils sauront nous lâcher brutalement dans un dernier tourbillon. Rien d'autre ne compte.  Et
tout le monde sait que l'amour est égoïste et absolument cruel.

La reconstitution est incroyable et le jeu de Romain Duris et Virgina Efira font de cette histoire qui se veut tant fantasque une page d’émotions à toute épreuve.

 

 

Rose-Marie Thénin           Janvier 2022

West Side Story, de S. Spielberg

Durée 2h37        Genre : Comédie musicale

Avec Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose, David Alvarez, Rita Moreno


Alors que les controverses se répandent d’une manière insidieuse sur le bien vivre ensemble, les sociétés muticulcuralistes et diversitaires veulent également être au rendez-vous. Et pourtant, nos sociétés sont confrontées à des violences les plus vives qui soient.

Les regains de barbarie qui nous bouleversent tant, sont omniprésents. L’omerta n’arrive pas à tout taire. On se retrouve aujourd’hui dans une situation extrêmement délicate. La recherche du bonheur est vaine, jalonnée sur des mines prêtes à exploser au moindre pas. Rien n'est acquis dans la vulnérabilité de ce monde exacerbé par la haine du désespoir. C’est tout bonnement l’échec du rêve américain.
C’est l’histoire d’une société gangrenée de l'intérieur. Ces jeunes désœuvrés qui se tiennent en vainqueurs trompés sur des champs de ruines nous donnent le ton, pas de travail ou peu, des parents marginaux qui n'ont pas su rentrer dans le moule et surtout une colère omniprésente dans les deux camps, Ces gens de coutumes et de traditions différentes campés sur leur position mettant un frein sur la tolérance, celle qu’ils prônent, se révèle un revers imparable.
Dans ce cauchemar, une lueur blafarde, l'amour inévitable entre Tony et Maria, qui tentent vainement d'y croire, ne serait-ce qu'un seul instant. Tony veut une vie nouvelle et généreuse. Il ne veut surtout pas refaire les mêmes erreurs. Maria sait ce qu'elle veut, ne souhaite pas qu'on lui impose sa vie au nom d'un dictat qu'elle refuse.
Ce couple est le symbole d'une vie qui pourrait s'avérer meilleure.
Mais la destinée des tragédies grecques les suit, les poursuit même à leur insu.
60 ans que cette histoire nous berce, aujourd'hui plus authentique encore. Un destin belliqueux s'acharnant sur des êtres qui ne demandaient qu'à se sentir heureux ensemble mais qui ne surtout ne voulaient perdre du temps avec une politique des plus pernicieuses.
Ce récit nous fait penser malgré nous à l'histoire d'amour merveilleuse mondialement célèbre « Roméo et Juliette ». Cela nous rappelle que l'instant T, celui qu'on attend, peut s'avérer vraiment fugace, la première version date de 60 ans. Aujourd’hui, on ressent le même sentiment.

Le rejet de l'autre, de sa culture, de ce qu'il représente se révèle être un non-lieu pour les sociétés occidentales pour le vivre ensemble annoncé.

Pour cette nouvelle version, qui sort à point nommé, la reconstitution est incroyable, la mise en scène tout à fait crédible. Outre la très belle bande originale, tous les ingrédients sont présents pour nous faire réfléchir sur nos façons de vivre, et de penser.

 

 

Rose-Marie Thénin           Décembre 2021 

Le dernier Duel, de Ridley Scott

Durée : 2h32      Genre : Histoire, Action

Nous sommes en 1393 en France. Marguerite Jodie Comer, jeune femme très convoitée vient d'être mariée à Jean de Carrouges, seigneur interprété par Matt Damon. La dot devrait renflouer ses caisses vides. Son comportement belliqueux l'empêche d'avoir les bonnes grâces des hautes sphères, d'avoir, entre autres, la succession de son père le poste de capitaine de l'Arsenal. Le conte Pierre d’Alençon, Ben Affleck, frère du jeune roi Charles VI, donne le poste à Jacques le gris, Adam Driver, homme très opportuniste, qui part de rien. Il s'arrange pour collecter les impôts et s’immiscer dans les affaires du conte et du royaume. Au départ, il semblerait que les deux hommes/rivaux étaient amis. De plus, Jacques le gris, malgré sa vie dissolue avec le conte Pierre, semble de plus en plus sensible au charme de Marguerite, voire obsédé. En d’autres termes, il veut la posséder. Tiré du livre The Last Duel, écrit par Eric Jager, c’est l'histoire du dernier duel judiciaire autorisé par le parlement en France. Mais aussi celui du courage, incarné par Marguerite, qui incarne toutes les femmes, qui défie les hommes en clamant partout que Jacques Legris l’a violée un jour où elle se trouvait seule chez elle. Tout le monde le sait, le plus difficile pour une femme c’est de témoigner de son viol, d’être entendue. Mais pas que cela. Le vainqueur du duel devrait faire la lumière sur la vérité. Pouvoir et religion sont intimement liés pour mieux asservir le peuple dans son ignorance.

Que nous dit d’autre Ridley Scott ? Ce thème est hélas vieux comme le monde, mais pourrait bien être contemporain.  Ce film est en 3 parties, les 3 versions des 3 protagonistes, Jean de Carrouges Jacques Legris, et Marguerite.  On aborde ici les conditions de la femme au 14ème siècle. Son asservissement était total. Mais surtout, elle devait se taire et mentir pour se préserver des hommes et se protéger d’eux. Mais, le sujet principal n’est-il pas le doute inscrit ? La question posée subtilement est de savoir s’il y eu a eu ou pas consentement. Que s’est-il vraiment passé ? Si elle est jugée coupable, c’est-à-dire, si Jean de Carrouges ne survit pas, tué par Jacques Legris, Marguerite, voulait-elle vivre une parenthèse à sa vie amoureuse réduite à néant ? (Car elle aussi n’est pas insensible à cet homme). Elle sera tuée, brûlée comme les sorcières. Si ce n’est pas le cas, si Jean de Carrouges ne meurt pas dans le duel, elle devra s’estimer heureuse pour ne pas être rejetée, de savoir que sa réputation sera lavée de tout soupçons.

Marguerite femme seule contre tous, n’est pas reconnue en tant qu’un être à part entière, elle est considérée comme un objet sexuel dont personne n’a que faire. La mère de Jean de Carrouges lui dit à  un jour de confidence : « la vérité ne compte pas, seul le pouvoir des hommes compte ».

Un très grand moment de cinéma.

Rose-Marie Thénin       Octobre 2021

 

Eiffel, de Martin Bourboulou

Durée : 1h48      Genre : Histoire
1889, l'exposition universelle recueille toute notre attention.
Gustave Eiffel, déjà connu en France et à l'étranger pour ses ponts métalliques, est sollicité pour construire un monument qui devra rester dans l'histoire. Mais, cela, il ne sait pas encore.
Il préfère se concentrer sur le métropolitain.
Main un évènement inattendu le fait changer d’avis.
Il retrouve Adrienne, Emma Mackey, son amour de jeunesse, à présent mariée, et qui l'a fait tant souffrir autrefois.
Il accepte toutefois le défi tout en tentant de retrouver ce bonheur qu'il croyait totalement perdu. N’aurait-on pas tous droit à une seconde chance ?
Va-t-il réussir à concilier les deux projets qui font et feront de lui l'homme qu'il est ?
La reconstitution historique est formidable. Des budgets colossaux ont été engagés pour nous faire revivre cette époque épique et gravée dans le fer portant l'initiale À. comme Adrienne… Comme une blessure qui ne peut guérir…
Inspiré de faits réels, ce film nous enveloppe et nous galvanise. La performance des acteurs ne fait aucun doute.
Du très beau cinéma à ne pas manquer.

 

 

Rose-Marie Thénin       Mai 2021

La proie d’une ombre, de David Bruckner

Durée : 1h48  Genre : Thriller horrifique

Beth, Rebecca Hall, qui a d’ailleurs co-produit le film, est Professeur d'éloquence au lycée. Elle vient de perdre subitement son mari Owen qu'elle aimait tant. Il s'est suicidé avec une arme à feu.
Depuis, la nuit, Beth est témoin de manifestations étranges dans la maison qu'Owen a construite,
Leur chanson se met en route à tue-tête à une certaine heure de la nuit, des cauchemars apportant son lit d'horreurs la terrassent. Par exemple, cette maison jumelle en face de la sienne, de l'autre côté du lac qui l'appelle et cette voix imperturbable qu’elle entend dans sa tête. Qui est donc cette entité qui ne répond pas vraiment au prénom d’Owen ? Serait-ce quelque chose d'abominable qui cherche à l'anéantir ou son mari qui aimerait reprendre contact avec elle ? Elle ne sait plus vraiment.
Mais tout ceci, est-il bien réel, ou sommes-nous confrontés à une vérité que l'on doit taire, faisant référence à une schizophrénie apportant son lot d'hallucinations délirantes. Jusqu’où Beth est-elle capable de mettre sa vie en danger pour connaître une vérité, sa propre vérité, qui pourrait tout autant la détruire.
Le suspense est crescendo et de grands frissons sont à venir.... dans un thriller horrifique.

 

 

Rose-Marie Thénin        Septembre 2021

The Father, de Florian Zeller

Durée : 1H37  Genre : Drame

The Father est un film franco-britannique coécrit et réalisé par Florian Zeller, sorti en 2020. Il s'agit de l'adaptation de sa propre pièce de théâtre, Le Père. Il est sélectionné et présenté pour la première fois au festival du film de Sundance en janvier 2020, où il reçoit un excellent accueil critique. Wikipédia

La musique est signée Ludovico Einaudi, elle sait nous envoûter.

C’est l’histoire touchante d’un homme qui pense que rien n’a changé, Il est octogénaire. Serait-il possible qu’il puisse vivre comme il l’a toujours fait ? C’est lui le patriarche après tout. En fait, il refait devant nous l’histoire à son insu. Mais, Il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Et c’est à travers ses yeux que le récit nous est conté.

Sa trajectoire intérieure nous montre avec précision ce qu’il ressent. Sa confusion va crescendo et le plonge dans une détresse extrême. Il ne comprend plus rien au monde qui l’entoure et cet état se renforçant au fur et à mesure, le plonge dans une détresse extrême.

Le spectateur est plongé dans la même incertitude que lui. Les lieux changent, même les personnages ne sont plus auxquels on s’attend.

Nous voici au cœur de mensonges et dénis pour se rassurer, entre incertitudes et pertes de repères spatio-temporels.

A la fin, c’est là qu’il comprend que rien ne pourra être comme avant.

Sa seule arme, c’est pleurer comme un tout petit enfant effrayé par le monde hostile qui l'entoure et auquel il se sent exclu.
Alors que fait ce petit garçon dans ces cas-là ? Il appelle au secours sa maman qui savait sûrement le rassurer pendant ses crises de larmes.

Olivia Coleman ainsi que les autres acteurs donnent une touche plus crédible, que nous prenons de plein fouet.
Une belle page d’émotions qui ne nous lâchera plus et dont on ne sortira plus indemnes.

 

 

Rose-Marie Thénin           Mai 2021

Blackbird, de Roger Michell

 

Durée :  1h38                 Genre : Drame

 

Blackbird est un drame américain réalisé par Roger Michell, sorti en 2019. Il s'agit d'un remake du film danois Stille hjerte de Bille August sorti en 2014. Il est présenté au festival international du film de Toronto 2019. Wikipédia

Alors que l'euthanasie fait rage dans les polémiques, une femme, Lily, en phase terminale, Susan Sarandon, rassemble sa famille et amies pour essayer de profiter des derniers moments de sa vie. Seulement les on-dit et les malentendus refont surface et font apparaître nos failles.

On est partagés : faut-il laisser souffrir, en d’autres termes, faut-il opter pour la vie alors qu’il n’y a plus d’espoir ou laisser partir l’être aimé quand il est encore temps pour en garder une belle image qui ne sera pas corrompue par la maladie ?

Dans ce drame familial, avec Kate Winslet, Sam Neil et Mia Wasikowska, les ingrédients sont tous présents pour nous faire basculer d’un côté ou de l’autre. Nous ne pouvons qu’être happés par cette histoire à laquelle il est si facile de s’identifier. La souffrance des uns et des autres est palpable et ne nous laissent pas indifférents.

Du très beau cinéma d’un réalisme époustouflant !

 

 

 

Rose-Marie Thénin           Septembre 2020

 

Mon inconnue, de Hugo Gelin

Durée : 1h59     Genre : Comédie romantique

Une Bande originale à couper le souffle.

Il serait vain de penser que tout nous est dû, la célébrité, l'amour et surtout, il serait encore plus ridicule de croire que tout va durer éternellement, en d'autres termes que plus rien ne va pouvoir nous affecter. 

Raphaël, François Civil, est un jeune homme à qui tout réussit : il écrit des romans fantastiques à succès, il est célèbre et a épousé la femme de sa vie Olivia, Joséphine Japy, qu'il connaît depuis le lycée. Tout est merveilleux dans le meilleur des mondes.

Mais ces choses peuvent faire de nous ce quelqu'un d'autre, et insidieusement, nous ne voyons plus rien autour de nous. Raphaël a tout bonnement oublié de rester humble face à ce bonheur tellement fugace ou parfois même inexistant. 

Olivia est pressentie comme une grande pianiste à venir, quelque chose qui est inhérent à notre vie et qui prend toute la place. Mais Olivia fait peu à peu le sacrifice de s’oublier elle-même pendant que Raphaël vit heureux sa vie. Comment se sentir heureux lorsqu’on doit occulter ce que l’on est ? Peu à peu, Olivia sent que quelque chose s'est déchiré voire à une point de rupture irréversible ? La confiance que Raphaël a su lui donner s'étiole. Elle perd tous les concours qui auraient pu faire d'elle ce dont elle rêvait. Et Raphaël ne veut surtout pas voir Olivier sombrer.

Mais ce matin, après une dispute, Raphaël se réveille et commence à errer dans les couloirs de l’errance dans un univers parallèle où Olivia n'est plus sa femme mais est devenue une grande pianiste et lui un professeur de français dans un collège tout comme Félix, son copain de toujours, Benjamin Lavernhe, sociétaire de la Comédie Française. La tendance s’est inversée. Une vie très simple est devenue celle de Raphaël qui doit faire impérativement le point et se bonifier. Dans ce conte surréaliste, est-ce que nous aurions notre double quelque part mais que les cartes de nos vies seraient distribuées différemment ?

Avec Félix, qui lui aussi vit une rupture sentimentale qui le mine, ils veulent trouver le moyen de refaire basculer Raphaël dans sa vie d'avant. Pour ce faire, il faut retourner aux sources, et surtout et prendre conscience de l'existence des choses lorsqu'elles nous manquent.  Oui effectivement, il faut mériter à nouveau les choses qu'on a perdues, ou celles qui nous tiennent tant à cœur. Il faut surtout et éprouver un grand vide lorsqu'elles ne font plus partie de notre vie. Raphaël doit perdre son arrogance et se rendre meilleur. Mais est-ce que cela peut vraiment suffire ? Est- ce que ses regrets seront peser dans la balance ?

Le réalisateur permet au spectateur d'envisager plusieurs fins possibles. Comme quoi, rien n'est acquis. A nous de choisir celle qui nous convient le mieux. Raphäel devient de plus en plus résigné face à ce destin qui vient tout bonnement de l’oublier. Va-t-il pouvoir réécrire l’histoire de sa propre vie ? Va-t-il reprendre son manuscrit là où il l'a laissé? Va-t-il redevenir célèbre, au quel cas aura-t-il appris de ses erreurs ? Dans le cas contraire, va-t-il supporter de vivre dans l'ombre de l'autre et renoncer à ce qui lui tient le plus à cœur? Va-t-il revivre cet élan porteur qu'est l'amour et laisser filer sa 2ème chance ? Car aimer l'autre ne suffit pas. Il faut avec beaucoup de force retrouver la signification première de ce terme galvaudé aujourd'hui pour pouvoir s'en imprégner totalement  afin de savoir et rendre l’autre heureux
Sur un thème très sérieux, on est happés par l'histoire singulière, l'intrigue est rondement menée, et des éclats de rire sont assurés.
Le trio, François Civil, Joséphine Japy et  Benjamin Lavernhe marche très bien.

Un joyeux moment à ne pas manquer.

 

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2019

 

 

A Star Is Born, de Bradley Cooper

Durée : 2h14     Genre : Drame

« A Star Is Born est un film américain réalisé par Bradley Cooper, sorti en 2018. Il s'agit du troisième remake du film Une étoile est née de William A. Wellman, sorti en 1937. Le film est en sélection officielle hors compétition lors de la Mostra de Venise 2018 » nous dit Internet.

Bradley Cooper, passe derrière la caméra pour la première fois, pour nous montrer la dernière version de ce chef d’œuvre rempli d’émotions. Ce film se hisse dans les classements même devant Venom avec Tom Hardy.

Jackson Maine, Bradley Cooper, est une star renommée du Country. Jackson a tout mais s’ennuie beaucoup. Pour étayer sa vie qu’il juge insipide, reclus dans la honte, le dégoût de lui-même et la culpabilité, il se noie dans l’alcool et devient vite toxicomane, un peu comme pour contrecarrer cette aubaine de tout avoir. Lui  n’attend que le moment de son éventuelle rédemption. L’histoire de Jackson, avant même de l’entendre, on sait qu’elle va nous émouvoir. Jusqu’au jour où, le destin l’a forcément guidé, il se rend dans un bar où il fait la connaissance d’Ally, Lady Gaga, chanteuse, auteur et composteur elle aussi. La musique peut les avoir rapprochés mais leur histoire d’amour est juste pure et belle. Leur amour est aussi fragile qu’il en est douloureux. Les chansons sont émouvantes qu’on en est tout retournés. 

Les questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes : est-ce que la renommée peut rapidement rendre les gens vides, blasés au point d’avoir un comportement qui se veut suicidaire ?

Ce film est une ode au sacrifice fait par amour dans toute sa splendeur et une critique acérée du monde du show business dans lequel on arrive à en perdre son identité.

On n’ignorait que Bradley Cooper chantait aussi bien et que Lady Gaga, sans son maquillage habituel et ses costumes pailletés pouvait être aussi troublante dans son interprétation.

C’est bien l’intensité des moments qu’ils font qu’ils sont uniques et non leur durée.

 

Rose-Marie Thénin         Octobre 2018

 

 

Le cercle littéraire de Guernesey, de Mike Newel

Durée : 2h04                Genre : Romance historique

On redécouvre avec plaisir Mike Newel et sa précision des émotions magnifiées dans chaque différent tableau, (réalisateur de Harry Potter et la coupe de feu).

Juliet Ashton, Lily James, jeune auteur, ne veut plus écrire sous son nom de plume Izzy Bickerstaff les fables humoristiques, qui ont permis à ce qu’elle soit reconnue. Elle voudrait écrire de son vrai nom avec des sujets plus sérieux. Elle cherche son style, comme elle se cherche elle-même. Elle a tout simplement grandi.

On voyage dans le temps de façon aisée, entre 1941, le passé, au moment la belle île anglo-normande, quelque peu dénaturée par les postes de guet et les barbelés sur la plage, vient d’être occupée par les allemands et 1946, le présent, Londres et son tumulte habituel, largement dévastée et Guernesey. La guerre a laissé ses traces indélébiles et douloureuses pour tous.

Juliet, est en mal d’inspiration, elle ressent un grand vide en attendant  la lumière analeptique de l’écrivain. Un jour, elle reçoit une lettre de Dawsey Adams, Michiel Huisman, qui fait partie d’un petit cercle littéraire à Guernesey. Une correspondance nait entre eux. Dawsey dépeint à Juliet le début d’une grande et belle histoire : la naissance du cercle avec les différents protagonistes, Eben, Isola, Amélia, Eli, Elizabeth et Dawsey. C’en est assez pour susciter la curiosité chez Juliet. Son âme de journaliste veut en savoir plus. Elle décide de s’y rendre pour parler de son premier livre, la biographie d’Anne Brontë, qui n’a eu aucun succès. Tout doucement, le fil d’Ariane se déroule grâce à sa ténacité. Et elle se rend compte de l’humanisme et la solidarité dont font preuve le petit cercle littéraire : des gens simples qu’elle adopte immédiatement. Elle éprouve beaucoup de mal à repartir et à retrouver Londres. Dans cette période transitoire et cruciale, cette nouvelle famille va lui permettre de voir le jour, bien au-delà de toutes ses espérances. Juliet vit cette histoire … d’amour comme la sienne, elle s’en approprie.

Ce film est un moteur d’espoir, un manifeste pour la paix porté, par la petite Kit, qui appelle Dawsey Papa, la fille d’Elizabeth, Jessica Brown Findlay. Bien qu’elle ne soit pas présente au moment de l’arrivée, et bien après, de Juliet, c’est bien Elizabeth l’épicentre de l’histoire. C’est bien elle qui prend les initiatives, c’est bien elle qui brave les allemands et qui parle du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates, c’est bien elle qui parle à Eli, petit-fils d’Eben, pour atténuer sa peur lorsqu’il doit évacuer l’île, c’est bien elle qui veut sauver ce jeune esclave polonais. Ce qui pourrait l’amener à sa perte… à sa déportation en Allemagne. C’est enfin Elizabeth  qui les a réunis la première fois pour déguster le cochon rôti, interdit par l’ennemi.

On assiste à une histoire dans l’Histoire. Ce film est une ode à l’amour, l’amour de l’autre et l’amour des mots catalyseurs d’espoir et de paix. « S’ils peuvent relier les êtres affamés de tout, on peut considérer qu’ils peuvent faire des miracles. » L’épicentre reste toujours Elizabeth mais on voit apparaître comme un miroir la silhouette de Juliet qui se profile soudain et de plus en plus nettement.

Le roman, écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, nous ralentit dans l’intrigue dramatique pour des raisons évidentes. Le livre est construit dans un style épistolaire, le lecteur se perd  dans le présent dilué dans un passé où l’action n’est plus vécue par l’auteur ni le narrateur. Dans le film, les images sont belles tout comme l’histoire. On n’a qu’une seule envie, celle de le revoir pour mieux s’en imprégner.

 

Rose-Marie Thénin         Juin 2018

 

 

The Revenant, d’Alejandro Gonzàlez Iñarritù

Durée : 2h38               Genre : Western/Drame/Thriller

Ce film, tiré du livre éponyme de Michael Punke, ne nous laissera jamais indifférents.

Nous sommes en 1823, aux Etats-Unis.

Il y a d’abord ce froid incisif qui n’en démord pas (au sens littéral du terme ne pas renoncer mais aussi qui n’arrête pas de mordre). Ce froid imperturbable s’insinue partout en nous rongeant de l’intérieur. On peut le considérer comme un l’un des protagonistes principaux de cette histoire. Il y a aussi cette nature de toute beauté dont la lumière réelle n’arrive pas à nous parvenir, ceci dû au manque de soleil, entre autres. Mais aussi, pour nous cacher les méfaits de ces nouveaux hommes arrivés en terrain conquis. Cette terre, autrefois immaculée, est désormais souillée par les immondices laissées par les Hommes qui laissent dans leur sillage la corruption, la concupiscence, le viol, la mort, la haine et le sang …

Cette nature est dévastée ; elle suinte de ces propres souffrances, qui n’ont pu s’enfouir loin sous cette terre volée aux Indiens qui vivaient en paix autrefois et qui ne se battent que pour la reconquérir. Les indiens, eux-mêmes au sein de leurs différentes communautés se livrent une lutte sans merci, dans laquelle l’Homme blanc, en fin stratège,  est venu attiser le feu sur le sang déjà trop versé et ceci dans l’unique but, celui d’exterminer cette race d’hommes : les amérindiens.

Et il y a également cette immensité des Grandes Plaines, l’infiniment grand qui rappelle notre place si tenue et  si fragile de notre infiniment petit, ces deux concepts sont en juxtaposition.

Hugh Glass, Léonardo Di Caprio est l’un des trappeurs de ces Grandes Plaines. Sa vie a été déjà marquée par le meurtre sous ses yeux de sa femme indienne. Son but est de protéger ce fils métis, Hawk, qu’il sait si vulnérable au milieu de ces blancs belliqueux. Un jour d’hiver, Glass se fait attaquer par une ourse qui a peur pour ses petits. L’attaque est longue et douloureuse, pour bien montrer que les hommes n’ont pas leur place sur ces territoires méconnus. Il est laissé pour mort. Son corps en lambeaux le préserve en vie pour une seule et unique raison, lui procurant cette force inébranlable, qui devrait lui permettre de retrouver Fitzgerald, Tom Hardy, qui a profité de ce moment de faiblesse de Glass pour assassiner son fils gênant. Quelle peut donc être la teneur de cet amour filial qui appelle la vengeance (Second protagoniste principal) ? Hugh Glass n’hésite pas à faire cinq mille kilomètres, à pieds principalement, du Dakota du Sud au Nebraska, pour retrouver Fitzgerald, qui l’a trahi.

Le réalisateur mexicain peut se permettre une dérogation quant au thème rabattu de l’idéalisation de l’Homme Blanc face aux sauvages dans les films américains. Les blancs le sont tout autant sinon plus même s’ils sont habités par ce sentiment de supériorité ridicule qu’ils se sont octroyé. Dans ce western atypique, est-ce que l’homme blanc serait le plus grand des prédateurs ? Dans cet environnement des plus hostiles, arrivera-t-il à être assez intelligent pour survivre ?

Le soleil n’arrive jamais à percer tout à fait dans ces lieux aux hivers interminables qui déshumaniseraient toute créature vivante pour l’amener à un seul point : tenter de survivre,  en oubliant même les règles élémentaires de notre rang sur l’échelle de la biodiversité, pour redevenir les animaux que nous n’avons jamais cessé d’être.

Les oscars du meilleur réalisateur, du meilleur premier rôle masculin, discernés à Léonardo Di Caprio et du meilleur second rôle masculin à Tom Hardy, sont vraiment mérités car, selon moi c’est un des plus beaux films du moment.

La musique omniprésente est là pour donner un plus grand impact dramatique.

Le réalisateur sait nous délivrer des images autant somptueuses que cruelles, avec cette épopée humaine sur laquelle qui exige de nous de méditer.

 

Rose-Marie Thénin      Février 2016

 

La promesse d’une vie, The Water Diviner, de Russell Crowe

Durée : 1h51             Genre : Drame, Histoire

Nous sommes en 1919. Joshua Connor est un fermier localisé en Australie. Le premier plan nous le fait découvrir en train de chercher de l’eau, le symbole de la vie même dans un pays des plus arides.

En fait, de retour chez lui, on s’aperçoit vite que quelque chose ne va pas. Ses trois garçons sont portés disparus depuis quatre ans, depuis la terrible bataille des Dardanelles, à Gallipoli en Turquie, lorsque les Ottomans ont subi une offensive de la part des forces alliées  au moment de la première guerre mondiale.

Le suicide de sa femme tant aimée Lisa est un élément catalyseur, il décide de partir à leur recherche là-bas, malgré la bureaucratie ambiante qui n’entache en rien sa détermination de retrouver ses trois fils.

Voici le premier film de Russell Crowe, il est derrière et devant la caméra pour nous narrer cette histoire méconnue, mais basée sur un fait réel. Le réalisateur nous présente un tableau crédible et juste de cette aventure intemporelle mettant en avant, et ce malgré les difficultés rencontrées, la ténacité et l’amour inconditionnel d’un père et mari pour les siens.

Le titre anglophone, nous offre un autre point de vue et met l’accent sur la recherche de l’eau qui incarne  le symbole de la vie, comme une mère féconde. Le titre en français, lui, résonne comme une promesse faite à laquelle on ne peut déroger en laissant dans son sillage l’espoir d’un ultime message d’amour.

 

Rose-Marie Thénin         Avril 2015 

 

Un homme idéal, de Yann Gozlan

Durée : 2h00              Genre : Thriller

Jusqu’où peut-on aller pour pouvoir vivre ses rêves ? Mathieu Vasseur  (Pierre Niney, de la Comédie Française) est un écrivain en mal de reconnaissance. Ses manuscrits sont refusés par les maisons d’Edition. Et pour subvenir à ses besoins, il travaille de temps à autre, avec son oncle, chef d’entreprise d'une PME de déménagement. Mais Mathieu s’ennuie à mourir, et meurt d’ennuie.

Mais un jour, (serait-ce le destin?), il trouve le journal d’un soldat parti se battre en Algérie. Il s’en approprie totalement en changeant le titre. Le succès n’attend pas et il se retrouve au sommet de la gloire lorsqu’il rencontre Alice, fille de bonne famille qu’il ne veut surtout pas perdre.

Ce thriller mené tambour battant par Pierre Niney est impressionnant. L’acteur est génial dans ce rôle de composition. Il sombrera peu à peu dans une spirale de mensonges dégradants et nous met devant le fait accompli, difficile de se retrouver devant son plus grand ennemi : soi-même. Le thriller se déroule devant nous avec une méthode implacable et vengeresse. 

On dit que pour créer, il faut éprouver. Sans aucun doute. Cet auteur, pour être enfin reconnu en tant que tel, devait sentir et ressentir afin de se dépasser, pour vraisemblablement renoncer à sa vie prometteuse dont les esquisses s’effacent de plus en plus en se consumant de l’intérieur d’une façon des plus troublantes.

 

Rose-Marie Thénin         Mars 2015

Les Héritiers, de Marie-Castille Mention-Schaar

Durée :1h45                         Genre : Comédie dramatique

Comment un professeur d’Histoire-Géographie parvient-elle à fédérer, voire motiver une classe de seconde très faible du Lycée Léon Blum à Créteil ? En les faisant participer au Concours national de la résistance et de la déportation. Ahmed Drame, étant l’un de ces élèves en 2009, raconte et coécrit même le scénario en prenant le nom de Malik. Il voulait être acteur, son nom de famille le prédestinait-il ?

Dans cette classe multiculturelle, dans laquelle chacun est retranché derrière ses idées, où chacun ne laisse aucune place à la tolérance, tous vont pouvoir s’identifier et se trouver enfin. Bon nombre d’entre eux ne sont pas de confession juive, mais qu’importe, il ne s’agit pas seulement de religion ici, il s’agit de l’humain, de l’Humanité avec tout ce que cela peut comporter. Devant les images de la honte et témoignages des rescapés, se cachent la solidarité, l’amitié et l’espoir que chacun doit garder au fond de nous. Ces jeunes adultes, tournés vers eux-mêmes, d’une sensibilité exacerbée, pris dans un tourbillon difficile à contenir (pression faite par la famille ou l’environnement), arrivent toutefois à trouver leurs voies en unissant leurs voix pour se faire entendre, afin que personne ne puisse oublier le passé non loin, qui dessine leur futur. C’est dans ce projet dans lequel ils seront fédérés qu’ils découvrent leur confiance en eux et leur place dans ce monde. Dans cette aventure humaine, chacun se sent grandi et investi d’une noble mission. Emus par tant de cruauté face à la force destructrice de l’être humain, ils prennent sur leurs épaules ces souffrances vécues par des millions d’hommes, de femmes et d’enfants comme Jésus l’avait fait il y a plus de 2000 ans. Habités par ce projet commun qui leur donne soudain un sens à leur vie qui leur avait été occulté, ils se sentent portés par une prise de conscience collective douloureuse, certes, mais leur permettant de devenir acteurs de leur existence. Jour après jour et durant ces mois durant lesquels ils ont dû travailler ensemble, Ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls dans ce monde des plus hostiles, qu’il y avait eu avant eux d’autres hommes qui se battaient pour la liberté et que celle-ci devait perdurer comme un message de bonne parole pour que plus jamais cela soit.

Ce génocide est un parmi tant d’autres. Celui-ci n’en est que la partie visible de l’iceberg.

C’est dans cette solidarité et cette amitié qu’ils ont pu rencontrer ce message de tolérance qui va bien au-delà des mots. Accepter l’autre avec ses différences est devenu une devise emblématique. Faisant partie intégrante d’un tout, ils ont pu comprendre le respect des êtres, le respect des choses et le respect de la vie. Ils se doivent toutefois de s’accaparer et propager ce passé, afin d’ériger un nouveau futur, étant Les Héritiers de cette page de l’Histoire.

Rose-Marie Thénin                             Décembre  2014 

Nos étoiles contraires, de Josh Boone

Durée 2h00                          Genre : Drame

Adapté à l’écran du Best Seller éponyme de John Green,  The Fault in our Stars, se révèle être un vrai joyau cinématographique qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Hazel Grace, jouée par Shailene Woodley, (Divergente), jeune adolescente de 17 ans, est atteinte d’un cancer depuis l’âge de ses 13 ans. Son lot, les hôpitaux et les traitements divers. Elle a survécu grâce aux différents protocoles mis en place. Mais aujourd’hui, ses poumons sont atteints et sa bouteille d’oxygène est devenue le prolongement de ses membres atrophiés. Et puis dans cette monotonie qui se veut fatale, apparaît une lueur qu’elle discerne dans le sourire communicatif de Gus Waters, Ansel Elgort (Divergente), 18 ans, en rémission depuis 18 mois, quelle rencontre dans un groupe de soutien. Très vite, ils sentent la complicité naître entre eux leur ouvrant des fenêtres qui jusqu’ici étaient closes. Ce qui va contribuer à éveiller des sentiments, et des émotions contre lesquels Hazel se bat, pensant qu’elle n’y a pas droit, compte tenu du mal incurable qui la ronge inexorablement. Pourtant, elle essaiera de vivre chaque minute de ces échanges, avec Gus, moments uniques dans une vie si courte soit elle.

Hazel, (littéralement en anglais de couleur noisette), dit qu’elle est une grenade qui peut exploser à tout moment. Lui, Gus, dit qu’il a peur de tomber dans l’oubli. Mais, n’est-ce pas notre crainte à tous que l’on passe dans les ruines du néant dès notre finitude annoncée ?

Hazel n’avait qu’un seul rêve, avant de rencontrer Gus, celui de rendre visite à son écrivain préféré qui vit en Hollande, à Amsterdam. Mais le traitement est très onéreux et le voyage pourrait affaiblir considérablement la santé si fragile d’Hazel. Pourtant avec l’aide de la Fondation, Gus va permettre à Hazel de réaliser ce rêve, ainsi que tous les autres auxquels elle refusait de croire.

Hazel Grace et Gus vont découvrir l’alchimie de l’amour, et conscients de leur chance de pouvoir le vivre,  ils vont durant le peu de temps qui leur sera imparti, apprendre à s’aimer plus fort que tout même si cette destinée contrariée est portée dans le titre. L’apothéose de ce romantisme absolu

"je sais que l’amour est un cri dérisoire face au néant et que l’oubli est inévitable ».

Supporter la douleur tous les jours ne serait rien à côté de la perspective de l'absence de l'autre, parce rien ne peut être plus terrible que cette souffrance de plus en plus intense qui se distille en nous insidieusement. Pas même tous les cancers réunis, même si ceux-ci peuvent avoir raison. C’est bien la qualité et l’intensité des moments qui font qu’ils sont inoubliables et non leur durée. 

 

 

Rose-Marie Thénin                             Août  2014 

12 Year a Slave, de Steeve Mac Queen

Durée : 2h123              Genre : Biopic

Salomon, homme de couleur affranchi, vit heureux avec son violon et sa famille.  Mais certains en ont décidé autrement.

Il est trahi un jour et devient malgré lui un esclave comme ses frères dans le Sud des Etats-Unis, un lieu des plus hostiles.  Chaque plan est comme un tableau que nous nous 

lasserions pas de contempler. Pourtant, les images sont d’une cruauté sans nom pour bien faire comprendre à l’inconscient collectif les conditions misérables dans lesquelles vivaient ces pauvres âmes.

Les hommes blancs ont tout simplement vendu leurs âmes au diable pour quelques prétextes fallacieux débordants d’inhumanité.

Steve Mc Queen qui veut nous montrer quelles peuvent être les relations maîtres-esclaves dans toute leur complexité des plus perverses, vient de réaliser un très beau film qui dépeint la destruction rapide d’un homme qui jusqu’ici pensait que la vie l’avait comblé.

Salomon Norththup a eu le temps de nous livrer son histoire des plus émouvantes. Tirée d’une histoire vraie, nous assistons ici à une descente aux enfers peu commune. Habituellement, les films portent sur l’évolution des personnages en quête de liberté au milieu de leur détention. Ici, c’est le contraire, on voit cet homme libre devenant un jour un esclave. A ce propos, Salomon, au début du film a un port altier. Et peu à peu, on le voit perdre sa forme humanoïde. Il se courbe de plus en plus face au négrier qui l’a acheté, Edwin Ebbs, Michael Fassbender, qui s’est acheté une mauvaise conduite. La perte de dignité de cet être devenu vulnérable, n’est pas seulement morale, elle est aussi physique et se poursuit jusqu’à l’anéantissement de soi. Jusqu'à la perte de l'identité,  il devient Blate, en d'autres termes le cousin du cafard. Ce n’est pas  la suprématie du peuple blanc sur les noirs seulement qu’il faut considérer, c’est une oppression qui touche la planète entière à laquelle il faut remédier. Mais quelle peut donc être l’issue devant l’inattaquable ? Le deuxième aspect est qu’il ne faut rien prendre pour acquis. Les choses peuvent changer en une fraction de seconde. Il ne faut pas oublier que nous sommes seulement en sursis. Prenons garde...

 

 

Rose-Marie Thénin       Janvier 2014         

 

Le Majordome, de Lee Daniels

Durée 2h12      Genre : biopic

Il y a beaucoup d’émotions dans ce biopic, basé sur une histoire vraie, campé par Forest Whitaker.

Nous sommes à la veille de la Grande Dépression, en 1926, et le Sud des Etats-Unis bat son plein dans une ségrégation raciale implacable.

Le jeune Cecil Gaines, dans les champs de coton voit son père assassiné par le même blanc qui rossait en la violant sa mère. L’univers le plus hostile est arrivé à son paroxysme. Il décide de se rendre vers le Nord. Mais avant, il apprend tous les rudiments pour être un bon majordome. En 1952, ses compétences sont vite remarquées, elles lui offrent la possibilité de postuler pour le poste « aussi stratégique que convoité » à la Maison Blanche. (La Gazette Utopia N° 238).

Cecil Gaines ne fait pas de politique, bien qu’il soit plongé dans le cœur de l’Histoire des Etats Unis durant 34 années, en servant 8 présidents. On revit avec lui tous ces événements qui ont amené de grands changements dans la vie de tous les jours à des milliers d’individus appartenant à la communauté noire des USA. De John F. Kennedy par Martin Luther King, en passant par Nixon et la guerre du Vietnam en n’omettant pas Reagan et l’Apartheid en Afrique du Sud.

Cecil Gaines est confronté malgré lui à ces tensions socio-économiques dans lesquelles son fils ainé est largement impliqué dans le mouvement des Black Panthers.

Ce film met l’accent sur une vie professionnelle exemplaire mais aussi nous dévoile un homme qui indirectement a contribué à la lutte des Noirs pour la justice et l’égalité de droits dans ce pays neuf.

Forest Whitaker, Oscar du meilleur acteur 2014, ce serait tout à fait légitime…

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Septembre 2013

Blue Jasmine, de Woody Allen

Durée 1h38       Genre : Drame

Il y a effectivement deux tableaux distincts dans le dernier film, sans doute, un des plus touchants de Woody Allen. Un premier tableau à New York, qui correspond au passé, où Jasmine vit une vie luxueuse comme toute bourgeoise qu’elle est. Mariée à un homme richissime incarné par Alec Badlwin, elle se pavane dans cette vie faite pour elle, et ne veut pas s’occuper des affaires étranges que mène son mari.

Et un y a un deuxième tableau lié au présent, à San Francisco, avec une Jasmine dépossédée de tout, même de son vrai prénom, (Janette étant trop banal à son goût), qui débarque avec sa valise Louis Vitton, chez sa sœur non biologique Ginger. Jasmine traverse une période des plus difficiles de sa vie. Elle ne connaît pas les nouveaux codes de cette société (travailler, s’occuper d’un intérieur, ou d’enfants), tout cela lui est totalement inconnu. Ici rien ne lui ressemble, ici rien n’est fait pour elle. Elle dénigre tout ce petit monde auquel elle n’appartient pas. Même les petits copains de Ginger sont pour elle des loosers. Elle est dans un déni total.

Le passé et le présent s’entremêlent pour arriver au temps « T » où tout sera dit. Le film est construit comme un thriller, et peu à peu, le voile est levé.

Le mari de Jasmine a été arrêté et celui-ci ne pouvant accepter cette déconvenue, il s’est donné la mort. Fini pour Jasmine les soirées de gala et de charité où elle savait si bien être la maîtresse de maison.

Avec pudeur, Woody Allen décrit cette fragilité, cette vulnérabilité dans notre paraître si loin de notre être véritable qui souffre de ce hiatus géant tout en oscillant entre passé et présent, entre réalité et rêve.

Jasmine, détruite au plus haut point, n’a plus assez de discernement, a perdu toute objectivité pour se reconstruire. Elle redevient vraie et cela lui est insupportable. La scission entre son passé et son présent des plus sordides la mène dans un endroit tout à fait méconnu. Enlisée dans ses mensonges qu’elle se fait à elle-même, elle essaie de sortir la tête de l’eau. Mais le choc est trop important, la dépression est trop forte, elle n’arrive plus à s’extirper de ce marasme. Entre vodka martini et xanax, elle nous montre son côté obscure des plus inquiétants.

Elle sait à peine nous donner encore l’illusion de ce qu’elle était, mais très brièvement pour sombrer jour après jour dans une problématique redoutable. Jasmine trébuche jusqu’au dénouement qui, lui ne laisse aucun doute de notre capacité à endurer les strates de la vie. Au début, on arrive à la plaindre, mais le dénouement est probant et on la découvre véritable et fragile tant sa souffrance est réelle, mêlée à sa complice la culpabilité qu’elle nie totalement.

Jasmine est en pleine perdition, et sa descente aux enfers va crescendo. Nous ne pouvons que ressentir beaucoup d’empathie pour elle qui vient de voir son monde s’écrouler dans lequel elle vivait en parfaite harmonie.

Un grand bravo pour la prestation des plus merveilleuses de Cate Blanchett qui nous rappelle son attachement au théâtre, la direction artistique de la Sydney Theatre Company lui a été confiée et « renouer avec la scène m’a donné une audace nouvelle que je vais essayer d’exprimer dans mes prochains rôles au cinéma », nous confie Cate Blanchett dans Première – 24 pages spéciales Woody Allen. (Septembre 2013)

Et cela se voit pour notre plus grand plaisir!

 

 

 

Rose-Marie Thénin         Septembre 2013

Elysium, de Neil Bloomkamp

Durée : 2h00          Genre : Science Fiction

Il y a une grande dimension dans les films de Neil Bloomkamp, celle qui nous interpelle.

Déjà dans District 9, on la pressentait dès les premières images. Originaire de l’Afrique du Sud, il savait de quoi il parlait en nous préparant cette allégorie sur l’après Apartheid.

Nous sommes en 2154.

Dans cet opus, qui atteint son apogée au dénouement, le réalisateur a su établir un contraste marqué entre la richesse et la santé représentée par ce paradis installé sur la station orbitale Elysium, et la terre, devenue champ de ruines, montrant du doigt la pauvreté et cette maladie qui ronge inexorablement les hommes. Le réalisateur met ici l'accent sur l'immigration.

D’ailleurs, ce film a été tourné sur une grande décharge à ciel ouvert afin de donner plus de réalisme.

Chaque scène est marquée par une musique entêtante de Ryan Amon. donnant plus d'impact dramatique aux images qui se déroulent devant nous.

Dans cette vision post apocalyptique, il y a un homme, Max da Costa, Matt Damon, un ouvrier pauvre qui s’est pourtant juré un jour d’aller sur Elysium.

Les effets font preuve d’une prouesse technique renversante.

Quant à Matt Damon, il est totalement habité par ce Max da Costa incarnant à lui tout seul le symbole emblématique de l’espoir d’un monde qui pourrait être meilleur.

 

Rose-Marie Thénin         Août 2013


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